État des risques à Paris : lire les mentions carrières, gypse et inondation
Dans tout dossier de vente ou de location à Paris figure un état des risques. Carrières, gypse, inondation, sismicité, radon, pollution des sols : ce document liste les risques connus pour l’adresse. Comment le lire, ce qu’il dit, et surtout ce qu’il ne dit pas de l’état réel de l’immeuble ?
Achat immobilier
L’état des risques informe l’acquéreur ou le locataire des risques naturels, miniers, technologiques, sismiques, du potentiel radon et de certaines pollutions de sols auxquels l’adresse est exposée, ainsi que des sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles dont le vendeur ou le bailleur a connaissance. À Paris, il mentionne en particulier les périmètres d’anciennes carrières, de dissolution du gypse et du plan de prévention du risque inondation. Il signale une exposition, pas un désordre : l’état réel du bâtiment se vérifie sur place.
Un document obligatoire
Le vendeur ou le bailleur doit fournir un état des risques, annexé à la promesse de vente ou au bail. Depuis 2023, il doit être remis dès la première visite et, pour une vente, être annexé à la promesse. Il est établi à partir des informations publiques disponibles pour la commune et l’adresse, notamment sur le site Géorisques.
Le document doit dater de moins de six mois. Son absence peut permettre à l’acquéreur de demander la résolution du contrat ou une diminution du prix.
Ce que contient l’état des risques
Il indique si l’immeuble se situe dans le périmètre d’un plan de prévention des risques naturels, miniers ou technologiques, en précisant les risques concernés. Il mentionne la zone de sismicité, très faible à Paris, le potentiel radon, l’exposition au retrait gonflement des argiles, et l’inscription éventuelle dans un secteur d’information sur les sols pollués.
Il comprend une déclaration sur les sinistres ayant donné lieu à indemnisation au titre des catastrophes naturelles ou technologiques, que le vendeur ou le bailleur doit renseigner.
La mention des anciennes carrières
À Paris, une partie du territoire est concernée par des périmètres de risques liés aux anciennes carrières souterraines, de calcaire au sud et de gypse au nord et à l’est. L’état des risques indique si l’adresse se trouve dans un tel périmètre. Ces périmètres sont suivis par l’Inspection générale des carrières de la Ville de Paris.
Être dans un périmètre ne signifie pas que l’immeuble est menacé : une grande partie des zones a été consolidées, et des milliers d’immeubles s’y trouvent sans désordre. Cela signifie que tout désordre de type tassement ou fissuration doit être analysé avec ce contexte en tête.

Géorisques permet de consulter les risques connus pour une adresse.
La dissolution du gypse
Une partie du nord de Paris est concernée par le risque de dissolution du gypse présent en profondeur. Cette mention, lorsqu’elle figure, signale que des circulations d’eau souterraine peuvent créer des vides et provoquer des affaissements. Les services de la Ville en tiennent compte pour les projets de construction.
Pour un acquéreur, la vigilance porte sur les signes de mouvement de l’immeuble et sur la maîtrise des fuites de réseaux, qui peuvent aggraver le phénomène.
Le risque inondation
Les secteurs riverains de la Seine sont couverts par le plan de prévention du risque inondation de Paris, fondé sur la crue de 1910. L’état des risques indique si l’adresse est concernée et, le cas échéant, dans quelle zone réglementaire. Pour un appartement en étage, l’enjeu principal porte sur les caves, les sous sols et les équipements communs. Pour un rez de chaussée ou un logement en sous sol, l’exposition est directe.
Le retrait gonflement des argiles
L’état des risques mentionne l’exposition au retrait gonflement des argiles. À Paris, une partie du territoire présente une exposition faible ou moyenne. Ce phénomène concerne surtout les constructions légères sur fondations superficielles, comme les maisons des villas et cités, et moins les immeubles anciens fondés plus profondément.

L’état des risques est une pièce obligatoire du dossier de vente.
Radon, sismicité et sols pollués
L’état des risques précise aussi la zone de sismicité et le potentiel radon de la commune. Paris est classé en zone de sismicité 1, très faible, et présente un potentiel radon faible, ce qui n’appelle pas de précaution particulière pour un logement courant. Il signale enfin si le terrain se situe dans un secteur d’information sur les sols, lié à une ancienne activité industrielle.
Cette dernière mention concerne surtout les projets de construction ou de terrassement, et les logements avec jardin en pleine terre. Pour un appartement en étage, elle a peu d’incidence pratique, mais elle mérite d’être notée.
La déclaration des sinistres
Le vendeur doit indiquer les sinistres ayant donné lieu au versement d’une indemnité au titre des catastrophes naturelles. À Paris, les inondations de 2016 et 2018 ou les orages de 2017 et 2018 ont pu concerner des caves et rez de chaussée. Cette déclaration repose sur la connaissance du vendeur : interrogez aussi le syndic pour les parties communes.
Ce que l’état des risques ne dit pas
L’état des risques ne décrit pas l’état de l’immeuble. Il ne dit pas si des fissures existent, si la cave est inondée chaque hiver, si la toiture fuit ou si les colonnes sont à remplacer. Il ne dit pas non plus si une ancienne carrière a été consolidée sous l’immeuble. C’est un document d’information sur l’exposition, établi à partir de cartes, sans visite.
Pour savoir comment l’immeuble se comporte, il faut le visiter, lire les documents de copropriété et, si nécessaire, faire examiner le bâtiment par un expert.
Consulter Géorisques soi même
Le site Géorisques permet de rechercher une adresse et d’obtenir la liste des risques connus, les arrêtés de catastrophe naturelle de la commune et des informations détaillées. À l’échelle de Paris, la base recense vingt reconnaissances de l’état de catastrophe naturelle publiées entre 1983 et 2018, principalement pour des inondations et coulées de boue.
Consulter Géorisques avant même de visiter permet d’arriver avec les bonnes questions.
Croiser exposition et état réel
La bonne démarche consiste à croiser l’exposition, indiquée par l’état des risques, et l’état réel, constaté sur place. Un immeuble exposé et sain n’appelle pas la même décision qu’un immeuble exposé et fissuré. Un immeuble non exposé peut aussi présenter des désordres liés à d’autres causes.
L’expert relève les signes de mouvement, d’humidité ou d’infiltration, et les met en relation avec les risques mentionnés.
Les questions à poser
Si l’adresse est concernée par un risque, demandez au vendeur et au syndic : des désordres ont-ils été constatés, des études ou des travaux ont-ils été réalisés, des sinistres ont-ils été déclarés, l’assemblée générale a-t-elle pris des décisions sur le sujet ? Les réponses, par écrit, complètent le dossier.
En cas de doute, le gardien ou le syndic peut indiquer les mesures déjà prévues par la copropriété.
Pour un locataire
Le locataire reçoit aussi l’état des risques. Pour un logement en rez de chaussée ou en sous sol dans une zone inondable, il est utile de connaître les consignes de l’immeuble en cas de crue et de ne pas stocker de biens de valeur en cave.
Le bilan avant achat
Le bilan avant achat intègre la lecture de l’état des risques et la confronte à l’état du bâtiment. En cas de fissures, l’expertise fissures approfondit l’analyse.
Articles et expertises liés
Nos prestations et nos guides sur le même sujet.
Questions fréquentes
L’état des risques est il obligatoire ?
Oui, pour toute vente ou location, remis dès la première visite et annexé à la promesse ou au bail.
Être en zone de carrières est il grave ?
Pas en soi. Cela impose d’analyser tout désordre avec ce contexte.
L’état des risques décrit il l’état de l’immeuble ?
Non, il informe sur l’exposition, pas sur les désordres.
Que faire si l’état des risques manque ?
L’acquéreur peut demander la résolution du contrat ou une diminution du prix.
Où consulter les risques d’une adresse ?
Sur le site Géorisques.
Le vendeur doit il déclarer les sinistres ?
Oui, ceux indemnisés au titre des catastrophes naturelles dont il a connaissance.
Combien coûte un bilan avant achat ?
650 € TTC jusqu’à 50 m², puis 3 € par m², frais en sus.
Paris est il exposé aux séismes ?
Paris est classé en zone de sismicité 1, la plus faible, sans exigence particulière pour un logement existant.
Besoin d’un avis d’expert ?
Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code de l’environnement, article L125 5 (information des acquéreurs et locataires), Légifrance
- Géorisques, état des risques et arrêtés de catastrophe naturelle
- Ville de Paris, Inspection générale des carrières
- Préfecture de Paris, plan de prévention du risque inondation




