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Travaux et garanties

Surélévation d’immeuble à Paris : ce qu’elle implique pour les copropriétaires

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Surélévation d’immeuble à Paris : ce qu’elle implique pour les copropriétaires

Créer un ou deux étages sur le toit d’un immeuble parisien : la surélévation séduit les copropriétés, qui peuvent vendre ce droit pour financer leurs travaux, et les promoteurs, qui créent des logements sans foncier. Mais le projet a des conséquences techniques et juridiques importantes. Voici ce qu’il implique pour les copropriétaires.

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L’essentiel

La surélévation d’un immeuble en copropriété suppose une décision de l’assemblée générale à la majorité renforcée prévue par la loi, que la copropriété réalise elle-même les travaux ou cède son droit de surélever à un tiers. Les copropriétaires des locaux situés sous la surélévation bénéficient d’un droit de priorité en cas de cession. Sur le plan technique, la structure existante doit pouvoir supporter les charges nouvelles, ce qui impose un diagnostic approfondi, parfois des renforcements, et une conception adaptée, avec des structures légères en bois ou en métal.

Contexte

Pourquoi surélever à Paris

Paris manque de foncier et les règles d’urbanisme ont été assouplies pour permettre de densifier en hauteur dans certaines limites. Une surélévation crée des logements nouveaux sur des immeubles existants, sans artificialiser de sols. Pour une copropriété, la vente du droit de surélever peut financer un ravalement, une réfection de toiture ou une rénovation énergétique.

Les projets se multiplient sur des immeubles de faible hauteur, des maisons de ville, des immeubles faubouriens ou des bâtiments des années 1950 à 1970.

Chaque projet reste toutefois singulier, et dépend de l’état de l’immeuble.

Droit

Le droit de surélever

Le droit de surélever un immeuble en copropriété appartient au syndicat des copropriétaires, puisqu’il porte sur les parties communes, toiture et espace au-dessus. La copropriété peut réaliser elle-même la surélévation, ou céder ce droit à un tiers, promoteur ou copropriétaire, qui réalisera et vendra les nouveaux lots.

Dans les deux cas, une décision de l’assemblée générale est nécessaire, à la majorité renforcée prévue par la loi sur la copropriété.

Priorité

Les copropriétaires du dernier étage

Les copropriétaires des locaux situés, en tout ou partie, sous la surélévation projetée sont les plus directement concernés : perte de la toiture au-dessus d’eux, travaux, nuisances, modification de la luminosité et de la vue. En cas de cession du droit de surélever, ils bénéficient d’un droit de priorité pour l’acquérir. Leur situation mérite une attention particulière lors des négociations.

Grue sur un toit parisien pendant des travaux

Une grue sur un toit parisien pendant une surélévation : le chantier concerne tout l’immeuble. Les occupants doivent être informés.

Structure

La question de la structure

Ajouter un ou deux niveaux augmente les charges sur la structure existante : murs porteurs, planchers, fondations. Dans un immeuble ancien parisien, ces éléments ont plus d’un siècle et ont été dimensionnés pour l’existant. Un diagnostic structurel approfondi, avec sondages, est indispensable avant tout projet.

Des renforcements peuvent être nécessaires : reprise de murs, renforcement de fondations, création de poteaux. Les surélévations parisiennes privilégient les structures légères, en ossature bois ou métallique, pour limiter les charges.

Sol

Le sous sol

Dans les secteurs d’anciennes carrières ou de dissolution du gypse, une surélévation qui augmente les charges sur les fondations doit tenir compte du sous sol. Les services de la Ville de Paris, dont l’Inspection générale des carrières, peuvent intervenir lors de l’instruction du permis de construire. Une étude géotechnique peut être requise.

Urbanisme

Urbanisme et patrimoine

La surélévation nécessite un permis de construire. Elle doit respecter le plan local d’urbanisme : hauteurs maximales, gabarits, règles d’insertion dans le paysage. Dans les secteurs protégés ou aux abords des monuments historiques, l’avis de l’architecte des bâtiments de France est requis. Les toits de Paris ont une forte valeur patrimoniale.

Coproprietaires examinant des plans d architecte

Les plans d’architecte se discutent en assemblée générale avant le vote. Le conseil syndical prépare le dossier.

Travaux

Le chantier

Un chantier de surélévation se déroule dans un immeuble occupé. La toiture est déposée, ce qui expose les derniers étages aux intempéries si la protection provisoire est insuffisante. Grue, livraisons, bruit, poussière affectent tous les occupants. La cage d’escalier et parfois l’ascenseur sont prolongés.

Un constat de l’état des parties communes et des logements avant le chantier, et un suivi régulier, sont indispensables pour traiter les désordres éventuels.

Énergie

Surélévation et rénovation énergétique

Une surélévation peut être l’occasion d’améliorer la performance énergétique de l’immeuble. Les nouveaux niveaux, construits selon la réglementation en vigueur, isolent par le haut les logements qui se trouvaient sous la toiture. Les contreparties négociées peuvent inclure l’isolation des façades sur cour, le remplacement du chauffage collectif ou l’amélioration de la ventilation.

Ces améliorations bénéficient à tous les copropriétaires et peuvent être intégrées au plan pluriannuel de travaux.

Ascenseur

Ascenseur et accessibilité

Ajouter des étages rend l’ascenseur plus nécessaire. Dans un immeuble qui n’en a pas, le projet peut prévoir sa création, financée en tout ou partie par l’opération. Dans un immeuble équipé, l’ascenseur doit être prolongé jusqu’aux nouveaux niveaux. Ces travaux touchent la cage d’escalier et la structure, et doivent être conçus avec soin.

Charges

Charges et répartition

Les nouveaux lots créés modifient l’état descriptif de division et la répartition des charges. Les nouveaux copropriétaires participent aux charges communes, ce qui peut alléger la part des autres. Mais les charges de certains équipements, comme l’ascenseur, peuvent être réparties différemment selon les étages. Ces modifications sont actées par l’assemblée générale et par acte notarié.

Désordres

Les risques de désordres

Fissures dans les logements du dernier étage, infiltrations pendant la phase de dépose de la toiture, tassements liés aux nouvelles charges, nuisances acoustiques entre l’ancien et le nouveau : ces risques doivent être anticipés par la conception, la protection du chantier et les assurances. L’entreprise et le promoteur doivent être assurés, et une assurance dommages ouvrage souscrite.

Contreparties

Les contreparties pour la copropriété

En cédant le droit de surélever, la copropriété perçoit un prix, et peut négocier des contreparties : réfection de la toiture et des façades, isolation, ravalement, ascenseur, réfection de la cage d’escalier. La répartition du prix entre copropriétaires suit les règles de la loi et du règlement. Les nouveaux lots créés modifient la répartition des charges, ce qui doit être anticipé.

Négociation

Bien négocier le projet

Avant de voter, la copropriété a intérêt à se faire conseiller : estimation du droit de surélever, analyse du projet architectural, garanties du promoteur, calendrier, protection des occupants, contreparties. Le conseil syndical joue un rôle clé dans la préparation.

Acheter

Acheter dans un immeuble avec un projet de surélévation

Pour un acquéreur, un projet de surélévation voté ou en discussion est une information importante : travaux à venir, nuisances, modification de l’immeuble, éventuelle perte de la vue pour un dernier étage, mais aussi contreparties financées. Les procès verbaux d’assemblée générale le mentionnent. Le bilan avant achat intègre la lecture de ces documents.

Constat

Constats avant et après travaux

Avant le chantier, un constat de l’état des logements des derniers étages et des parties communes fixe la situation de référence. Après le chantier, un nouveau constat permet d’identifier les désordres liés aux travaux. L’expert en bâtiment indépendant peut réaliser ces constats pour un copropriétaire ou pour la copropriété.

Expertise

Les expertises utiles

En cas de fissures après une surélévation, l’expertise fissures établit l’origine. En cas d’infiltrations, l’expertise humidité en recherche la cause. À la fin des travaux privatifs, la réception de travaux sécurise la livraison.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Qui décide d’une surélévation ?

L’assemblée générale des copropriétaires, à la majorité renforcée prévue par la loi.

Les copropriétaires du dernier étage peuvent ils s’opposer ?

Ils participent au vote et bénéficient d’un droit de priorité en cas de cession du droit de surélever.

La structure peut elle supporter une surélévation ?

Un diagnostic structurel approfondi est indispensable. Des renforcements peuvent être nécessaires.

Faut il un permis de construire ?

Oui, et l’avis de l’architecte des bâtiments de France dans les secteurs protégés.

Que gagne la copropriété ?

Le prix du droit de surélever et des contreparties négociées, comme une réfection de toiture ou un ravalement.

Quels risques pendant le chantier ?

Infiltrations, fissures, nuisances. Des constats avant et après travaux sont recommandés.

Combien coûte une expertise fissures ?

À partir de 590 € pour un appartement, frais de déplacement et de gestion compris.

Les charges changent elles après une surélévation ?

Oui, les nouveaux lots participent aux charges et la répartition est modifiée par l’assemblée générale et par acte notarié.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, articles 3, 26 et 35, Légifrance
  • Ville de Paris, plan local d’urbanisme
  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières


"Attestation
Travaux et garanties

Vérifier l’assurance décennale d’un artisan avant les travaux

Travaux et garanties

Vérifier l’assurance décennale d’un artisan avant les travaux

Avant de confier la rénovation de votre appartement à une entreprise, une vérification s’impose : son assurance décennale. Obligatoire pour les travaux de construction concernés, elle conditionne votre indemnisation en cas de désordre grave. Comment la vérifier, que doit mentionner l’attestation et quels pièges éviter ?

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L’essentiel

Toute entreprise qui réalise des travaux soumis à la garantie décennale doit être assurée en responsabilité civile décennale, et une attestation d’assurance doit être jointe au devis et à la facture. L’attestation doit être valide à la date d’ouverture du chantier et couvrir précisément les activités réalisées. Vérifier ces points avant de signer protège le client : en cas de désordre grave dans les dix ans suivant la réception, c’est cette assurance qui finance les réparations, même si l’entreprise a disparu.

Garantie

La garantie décennale

Le Code civil rend tout constructeur d’un ouvrage responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou d’équipement, le rendent impropre à sa destination. Cette responsabilité dure dix ans à compter de la réception.

Pour que cette garantie soit effective, la loi impose aux constructeurs de s’assurer. Sans assurance, une entreprise qui disparaît laisse son client sans recours effectif.

Vérifier l’assurance avant de signer prend quelques minutes et peut éviter des années de difficultés.

Travaux

Quels travaux sont concernés ?

La garantie décennale concerne les travaux de construction et certains travaux de rénovation : gros œuvre, structure, charpente, couverture, étanchéité, menuiseries extérieures, isolation, réseaux encastrés, revêtements dans certains cas, installation de chauffage intégrée au bâti. Les travaux purement décoratifs, comme la peinture, n’y sont en principe pas soumis.

Dans une rénovation d’appartement, la création d’une salle de bains, la reprise d’un plancher, l’ouverture d’un mur porteur, le remplacement des fenêtres ou la réfection de l’électricité encastrée peuvent relever de la décennale.

Attestation

Ce que doit mentionner l’attestation

La loi impose que l’attestation d’assurance décennale soit jointe aux devis et factures. Elle doit mentionner l’identité de l’assureur et de l’assuré, le numéro du contrat, la période de validité, les activités couvertes, la zone géographique et, le cas échéant, les plafonds. Un modèle d’attestation a été fixé par arrêté pour harmoniser les informations.

Vérifiez que le nom de l’entreprise correspond exactement à celui du devis, avec le même numéro SIREN.

Artisan sur un chantier de renovation interieure

L’attestation d’assurance décennale doit être jointe au devis et couvrir les activités prévues. Rapprochez les deux documents.

Activités

Les activités couvertes

L’assurance ne couvre que les activités déclarées par l’entreprise à son assureur. Un plombier assuré pour la plomberie n’est pas couvert s’il réalise une étanchéité de terrasse ou ouvre un mur porteur. Comparez les activités listées sur l’attestation avec les travaux du devis. Si une activité manque, demandez une attestation complémentaire ou confiez cette partie à une entreprise assurée pour elle.

Date

La date de validité

L’assurance applicable est celle en vigueur à la date d’ouverture du chantier. L’attestation doit donc couvrir cette date. Une attestation périmée ou valable pour l’année précédente ne suffit pas. Demandez l’attestation de l’année en cours et, pour un chantier long, vérifiez qu’elle couvre bien le début des travaux.

Vérifier

Vérifier auprès de l’assureur

En cas de doute, contactez l’assureur mentionné pour vérifier que le contrat est valide et couvre les activités. Méfiez vous des attestations falsifiées ou émanant d’assureurs inconnus ou étrangers non autorisés à exercer en France. Une recherche sur le nom de l’assureur et sur son autorisation auprès de l’autorité de contrôle prudentiel est utile.

Une attestation conforme au modèle réglementaire facilite cette vérification.

Personne verifiant un document sur un ordinateur

Vérifier un document d’assurance en ligne ou auprès de l’assureur évite les mauvaises surprises. Gardez une trace de la vérification.

Devis

Lire le devis avec l’attestation

Le devis doit décrire précisément les travaux, les matériaux, les quantités et le prix. Rapprochez chaque poste des activités listées sur l’attestation. Un devis vague, qui regroupe des travaux de natures différentes sous une seule ligne, rend la vérification difficile et complique ensuite la mise en jeu des garanties.

Demandez un devis détaillé, poste par poste, avec la mention des normes et règles de mise en œuvre lorsqu’elles sont importantes, comme pour une étanchéité de salle de bains ou un renforcement de plancher.

Auto-entrepreneur

Micro-entreprises et artisans indépendants

Les artisans exerçant en micro-entreprise sont soumis à la même obligation d’assurance décennale pour les travaux concernés. Certains ont des difficultés à s’assurer pour des activités à risque, comme l’étanchéité ou la structure. Vérifiez particulièrement l’attestation dans ce cas, et n’hésitez pas à confier les travaux sensibles à une entreprise disposant d’une couverture adaptée.

Conservation

Conserver les documents dix ans

Les attestations d’assurance, devis et factures doivent être conservés au moins dix ans après la réception, et transmis à l’acquéreur en cas de vente dans ce délai. Le notaire demande en principe ces documents lorsque des travaux soumis à la décennale ont été réalisés dans les dix dernières années. Leur absence peut compliquer la vente.

Exemple

Un exemple concret

Un copropriétaire fait créer une douche à l’italienne dans son appartement du 15e arrondissement. Deux ans plus tard, une infiltration apparaît chez le voisin du dessous et le plancher se dégrade. L’entreprise a cessé son activité. Si elle était assurée en décennale pour les travaux d’étanchéité et de plomberie à la date d’ouverture du chantier, l’assureur prend en charge les réparations. Sans attestation valide, le copropriétaire supporte seul les travaux et l’indemnisation du voisin.

Sous-traitants

Sous-traitants et entreprises multiples

Si l’entreprise principale sous-traite certains travaux, elle reste responsable envers vous, et son assurance doit couvrir l’ensemble des activités du marché. Si vous traitez directement avec plusieurs entreprises, chacune doit fournir son attestation pour ses propres travaux.

Dommages ouvrage

L’assurance dommages ouvrage

Pour certains travaux, le maître d’ouvrage doit souscrire une assurance dommages ouvrage, qui préfinance les réparations de nature décennale sans attendre la recherche des responsabilités. Pour des travaux de rénovation importants touchant la structure, renseignez vous sur cette obligation et sur son coût.

Autres

Les autres assurances

La responsabilité civile professionnelle de l’entreprise couvre les dommages causés aux tiers pendant le chantier, par exemple chez un voisin. Elle est distincte de la décennale. Demandez aussi cette attestation, surtout dans un immeuble en copropriété.

Sinistre

En cas de sinistre

Si un désordre grave apparaît dans les dix ans, notifiez le à l’entreprise par lettre recommandée et déclarez le à son assureur décennal, en joignant l’attestation, le devis, les factures, le procès verbal de réception et un rapport d’expertise décrivant le désordre. Si vous avez souscrit une dommages ouvrage, déclarez le d’abord à cet assureur.

Copropriété

En copropriété

Pour des travaux privatifs touchant les parties communes, l’assemblée générale peut exiger la production des attestations d’assurance de l’entreprise comme condition de son autorisation. Le syndic peut les demander. Pour les travaux de la copropriété, le syndic vérifie ces attestations pour le compte du syndicat.

Pièges

Les pièges à éviter

Accepter une attestation au nom d’une autre société, se contenter d’une promesse de transmission ultérieure, ne pas vérifier les activités, confier des travaux structurels à une entreprise non assurée pour cela, payer en espèces sans facture : ces erreurs privent le client de la protection décennale.

Mission

La réception de travaux

La réception de travaux à Paris permet de vérifier, à la fin du chantier, que les documents d’assurance sont réunis et que les travaux sont conformes, avant de déclencher les garanties.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

L’assurance décennale est elle obligatoire ?

Oui pour les entreprises réalisant des travaux soumis à la garantie décennale.

Quand doit elle être valide ?

À la date d’ouverture du chantier.

Que vérifier sur l’attestation ?

Nom et SIREN de l’entreprise, assureur, numéro de contrat, période de validité, activités couvertes.

Un plombier couvre t il une étanchéité de terrasse ?

Pas si cette activité n’est pas déclarée sur son attestation.

La peinture est elle couverte par la décennale ?

En principe non, les travaux purement décoratifs n’y sont pas soumis.

Que faire si l’entreprise a disparu ?

Déclarer le sinistre à son assureur décennal, qui reste tenu.

Combien coûte une réception de travaux ?

Sur devis, selon la nature des travaux.

Faut il conserver les attestations ?

Oui, au moins dix ans après la réception, et les transmettre en cas de vente.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code civil, articles 1792 et 1792 4 1, Légifrance
  • Code des assurances, articles L241 1 et L243 2, Légifrance
  • Arrêté du 5 janvier 2016 fixant le modèle d’attestation d’assurance, Légifrance


"Devis
Travaux et garanties

Retenue de garantie de 5 % : protéger le solde de vos travaux

Travaux et garanties

Retenue de garantie de 5 % : protéger le solde de vos travaux

Vous faites rénover votre appartement et vous craignez de devoir courir après l’entreprise pour les dernières reprises une fois tout payé. La retenue de garantie de 5 % est prévue pour cela. Comment fonctionne-t-elle, quand peut-on l’appliquer et comment la libérer ? Voici le mode d’emploi.

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L’essentiel

La retenue de garantie, prévue par une loi de 1971 pour les marchés de travaux privés, permet au client de retenir au plus 5 % du montant des travaux pour garantir la levée des réserves formulées à la réception. Elle doit être prévue au contrat. La somme est consignée auprès d’un consignataire accepté par les deux parties, ou remplacée par une caution bancaire fournie par l’entreprise. Elle est libérée un an après la réception, sauf opposition motivée du client si des réserves ne sont pas levées.

Principe

Le principe de la retenue de garantie

La loi du 16 juillet 1971 organise la retenue de garantie dans les marchés de travaux définis par le Code civil. Les paiements des acomptes sur la valeur définitive des marchés de travaux privés peuvent être amputés d’une retenue égale au plus à 5 % de leur montant, destinée à garantir l’exécution des travaux pour satisfaire, le cas échéant, aux réserves faites à la réception.

Elle ne s’applique pas automatiquement : elle doit être prévue dans le devis ou le contrat. Proposez la lors de la négociation du devis.

Elle protège le client sans pénaliser l’entreprise de bonne foi, qui récupère la somme dès la levée des réserves.

Consignation

Consignation ou caution

La retenue n’est pas simplement conservée par le client. Elle doit être consignée entre les mains d’un consignataire accepté par les deux parties ou, à défaut, désigné par le juge. L’entreprise peut aussi la remplacer par une caution personnelle et solidaire d’un établissement financier. Dans ce cas, le client paie la totalité, et la caution garantit le remboursement en cas de réserves non levées.

Retenir 5 % sans consigner, alors que le contrat ne le prévoit pas, expose à un litige.

Durée

Durée et libération

À l’expiration du délai d’une année à compter de la réception, la caution est libérée ou les sommes consignées sont versées à l’entreprise, même en l’absence de mainlevée, si le maître de l’ouvrage n’a pas notifié à la caution ou au consignataire, par lettre recommandée, son opposition motivée par l’inexécution des obligations de l’entrepreneur.

L’opposition doit être motivée : liste des réserves non levées, courriers de relance. Une opposition abusive peut être contestée.

Chantier de renovation termine avec quelques finitions a reprendre

Le devis doit prévoir la retenue de garantie et ses modalités.

Réception

Le lien avec la réception

La retenue garantit la levée des réserves formulées à la réception. Sans réception formelle avec réserves, la retenue perd son fondement. D’où l’importance d’un procès verbal de réception précis, listant chaque réserve.

La réception déclenche aussi la garantie de parfait achèvement d’un an, qui couvre les réserves et les désordres notifiés pendant l’année.

Champ

À quels travaux s’applique t elle ?

La loi de 1971 vise les marchés de travaux définis par le Code civil, c’est à dire les contrats de louage d’ouvrage par lesquels une entreprise réalise des travaux pour un client. Elle concerne donc les rénovations d’appartements confiées à une entreprise, qu’il s’agisse d’une rénovation complète, d’une salle de bains, d’une cuisine ou de travaux de menuiserie. Elle concerne aussi les marchés passés par une copropriété pour des travaux sur les parties communes.

Pour un contrat de construction de maison individuelle, des règles spécifiques s’appliquent au solde du prix, avec une consignation en cas de réserves.

Opposition

Rédiger l’opposition

L’opposition est notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception au consignataire ou à la caution, avant l’expiration du délai d’un an. Elle identifie le marché, rappelle la date de réception, liste les réserves non levées avec renvoi au procès verbal, mentionne les relances adressées à l’entreprise et demande le maintien de la retenue. Une copie est adressée à l’entreprise.

Une opposition précise, appuyée par un constat, est difficile à contester. Une opposition vague, sans référence aux réserves, l’est beaucoup plus facilement.

Poignee de main entre un client et un artisan

Quelques finitions à reprendre en fin de chantier justifient des réserves. Elles se listent au procès verbal.

Caution

Le cas de la caution bancaire

Lorsque l’entreprise a fourni une caution, le client a payé la totalité du marché. En cas de réserves non levées, il notifie son opposition à l’établissement qui a délivré la caution. À défaut d’accord, la caution peut être appelée sur décision de justice pour financer les reprises. Vérifiez la validité et le montant de la caution dès sa remise.

Devis

Prévoir la retenue dans le devis

Lors de la signature du devis, demandez qu’une clause prévoie la retenue de garantie de 5 %, ses modalités de consignation ou la fourniture d’une caution, et sa libération à l’issue de l’année de garantie. Une entreprise sérieuse accepte cette clause usuelle.

Précisez aussi l’échéancier des acomptes : il est préférable de ne pas payer plus que l’avancement réel des travaux.

Acomptes

L’échéancier des acomptes

Pour un particulier, l’échéancier des paiements est libre, mais il doit rester proportionné à l’avancement. Un acompte important à la commande, puis des paiements par étapes, et un solde à la réception, diminué de la retenue de garantie, forment un schéma équilibré. Évitez de payer la totalité avant la fin des travaux.

Exemple

Un exemple chiffré

Pour une rénovation de 40 000 € TTC, la retenue de garantie représente au plus 2 000 €. À la réception, le client paie le solde diminué de 2 000 €, qui sont consignés ou garantis par une caution. Si toutes les réserves sont levées dans l’année, la somme est versée à l’entreprise. Sinon, le client notifie son opposition motivée.

Conservez l’accusé de réception de chaque courrier : il date vos démarches.

Sans retenue

Sans retenue de garantie

Si le devis ne prévoit pas de retenue, le client peut négocier avec l’entreprise un paiement du solde à la levée des réserves. L’accord doit être écrit. À défaut d’accord, le client reste tenu de payer, mais il conserve ses droits au titre de la garantie de parfait achèvement et peut agir en justice pour obtenir les reprises.

Mise en demeure

Mettre en demeure l’entreprise

Si l’entreprise ne lève pas les réserves, relancez la par écrit, puis mettez la en demeure par lettre recommandée de réaliser les reprises dans un délai déterminé. Cette mise en demeure motive l’opposition à la libération de la retenue. À défaut d’exécution, la retenue peut servir à financer l’intervention d’une autre entreprise, après accord ou décision judiciaire.

Expert

Le rôle de l’expert

L’expert intervient à la réception pour rédiger des réserves précises, puis avant la fin de l’année de garantie pour constater ce qui a été levé ou non. Son rapport motive l’opposition et facilite une solution amiable.

Paris

Les chantiers parisiens

Dans les appartements parisiens, les chantiers de rénovation mobilisent des entreprises très sollicitées. Une fois le solde payé, il peut être difficile de les faire revenir pour quelques reprises. La retenue de garantie est un outil simple pour garder un levier.

Documents

Les documents à conserver

Devis signé avec la clause de retenue, factures, procès verbal de réception, preuve de la consignation ou attestation de caution, courriers de relance et d’opposition, photos. Classez les dans un dossier unique.

Mission

La réception de travaux

La réception de travaux à Paris vous accompagne pour formuler des réserves qui donnent tout son sens à la retenue de garantie.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La retenue de garantie est elle automatique ?

Non, elle doit être prévue au contrat.

Quel est son montant ?

Au plus 5 % du montant des travaux.

Le client peut il garder la somme ?

Non, elle doit être consignée ou remplacée par une caution.

Quand est elle libérée ?

Un an après la réception, sauf opposition motivée du client.

Que faire si les réserves ne sont pas levées ?

Mettre en demeure l’entreprise et notifier une opposition motivée avant l’échéance.

Sans retenue, puis je bloquer le solde ?

Seulement avec l’accord écrit de l’entreprise. Sinon, vos droits passent par la garantie de parfait achèvement.

Combien coûte une réception de travaux ?

Sur devis, selon la nature des travaux.

La retenue s’applique t elle aux travaux de copropriété ?

Oui, elle peut être prévue dans les marchés de travaux passés par le syndicat des copropriétaires.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 71 584 du 16 juillet 1971 tendant à réglementer les retenues de garantie, Légifrance
  • Code civil, articles 1779 et 1792 6, Légifrance


"Appartement
Travaux et garanties

Réception de travaux de rénovation : le procès verbal pas à pas

Travaux et garanties

Réception de travaux de rénovation : le procès verbal pas à pas

La rénovation de votre appartement se termine. Avant de régler la dernière facture, une étape est parfois négligée : la réception des travaux. Elle fixe l’état des travaux, déclenche les garanties et vous donne un levier pour obtenir les reprises. Voici comment rédiger le procès verbal, étape par étape.

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L’essentiel

La réception de travaux est l’acte par lequel le maître d’ouvrage accepte les travaux, avec ou sans réserves. Elle se formalise par un procès verbal signé par le client et l’entreprise, qui indique la date, les travaux concernés et la liste précise des réserves. Elle déclenche la garantie de parfait achèvement d’un an, la garantie biennale de deux ans et la garantie décennale de dix ans. Une visite méthodique, un procès verbal précis et un suivi des réserves sécurisent la fin du chantier.

Définition

Qu’est ce que la réception ?

Le Code civil définit la réception comme l’acte par lequel le maître de l’ouvrage déclare accepter l’ouvrage avec ou sans réserves. Elle intervient à la demande de la partie la plus diligente, soit à l’amiable, soit à défaut judiciairement. Elle est prononcée contradictoirement.

Dans une rénovation de particulier, elle peut être expresse, avec procès verbal, ou tacite, déduite de la prise de possession et du paiement. La réception expresse est fortement recommandée : elle évite les débats sur la date et l’état des travaux.

C’est aussi la date qui sépare le chantier de la vie dans le logement rénové.

Préparer

Préparer la réception

Avant le rendez vous, relisez le devis, les avenants et les plans. Listez les travaux prévus, pièce par pièce. Demandez à l’entreprise de fixer une date de réception en fin de chantier, une fois le nettoyage fait. Prévoyez du temps et un bon éclairage.

Munissez vous d’un mètre, d’une règle, d’un niveau, d’une lampe, d’un testeur de prises et d’un appareil photo. Un expert peut vous accompagner pour un contrôle complet.

Visite

Conduire la visite

Procédez pièce par pièce : sols, murs, plafonds, menuiseries, équipements. Vérifiez la conformité au devis, matériaux, quantités, prestations, et la qualité d’exécution, planéité, aplomb, joints, finitions. Faites fonctionner chaque équipement : robinets, écoulements, chasse d’eau, prises, interrupteurs, éclairages, chauffage, ventilation, portes et fenêtres.

Contrôlez aussi les zones annexes : parties communes empruntées pendant le chantier, appartement du dessous si une salle de bains a été créée, cave si des réseaux y passent.

Prévoyez une à deux heures pour un appartement entièrement rénové.

Artisan et client signant un proces verbal de reception

Un appartement rénové se contrôle pièce par pièce avant la signature du procès verbal. Prenez le temps de tout vérifier.

Réserves

Rédiger les réserves

Chaque réserve indique la pièce, l’emplacement, le défaut et la reprise attendue. Par exemple : salle de bains, receveur de douche, pente insuffisante, eau stagnante côté mur, à reprendre ; séjour, plinthe sous la fenêtre décollée sur 40 cm, à refixer ; cuisine, prise du plan de travail non alimentée, à raccorder. Numérotez les réserves et associez les à des photos.

Distinguez les défauts d’exécution des travaux non réalisés : une prestation prévue au devis et absente doit être mentionnée.

Documents

Les documents à réclamer

Lors de la réception, demandez à l’entreprise les documents de fin de chantier : factures détaillées, attestations d’assurance décennale couvrant les activités réalisées, notices et garanties des équipements posés, certificat de conformité de l’installation électrique lorsqu’il est exigé, schémas des réseaux encastrés, références des produits utilisés pour l’étanchéité et les revêtements. Mentionnez au procès verbal les documents manquants.

Ces pièces permettent de faire jouer les garanties et rassurent un futur acquéreur lors d’une revente.

Avant

Une visite avant la réception

Une visite quelques jours avant la réception, avec ou sans l’entreprise, permet de lister les défauts et de demander leur correction avant le rendez vous. La réception se fait alors sur un ouvrage plus abouti, avec moins de réserves. Cette démarche est appréciée des entreprises sérieuses, qui préfèrent corriger avant la signature.

Expert verifiant la pente d un receveur de douche

La pente d’un receveur de douche se vérifie en faisant couler l’eau. Une flaque persistante est à réserver.

Lots

Plusieurs entreprises, plusieurs réceptions

Lorsque plusieurs entreprises sont intervenues sans maître d’œuvre, la réception doit être prononcée avec chacune pour ses travaux. Un même désordre peut impliquer plusieurs corps d’état, comme une fuite à la jonction entre plomberie et carrelage. Identifier le responsable de chaque réserve facilite la levée. Un maître d’œuvre ou un architecte coordonne ces réceptions lorsque vous en avez désigné un.

PV

Le procès verbal

Le procès verbal mentionne l’identité des parties, l’adresse, la référence du devis et des avenants, la date de la réception, la décision, avec ou sans réserves, la liste des réserves et le délai convenu pour les lever. Il est daté et signé par les deux parties, chacune conservant un exemplaire.

Si l’entreprise refuse de signer, faites constater l’état des travaux et adressez lui le procès verbal par lettre recommandée. La réception peut aussi être prononcée judiciairement.

Solde

Le solde et la retenue de garantie

Le contrat peut prévoir une retenue de garantie de 5 % du montant des travaux, consignée ou remplacée par une caution, et libérée à l’issue de l’année de parfait achèvement si les réserves sont levées. Si votre devis la prévoit, appliquez la. Sinon, négociez avec l’entreprise le paiement du solde à la levée des réserves.

Garanties

Les garanties déclenchées

La réception déclenche la garantie de parfait achèvement, qui oblige l’entreprise à reprendre pendant un an les désordres réservés ou notifiés par écrit. La garantie biennale couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables. La garantie décennale couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité ou rendant l’ouvrage impropre à sa destination, pour les travaux qui y sont soumis.

Levée

Suivre la levée des réserves

Notez les interventions de l’entreprise et vérifiez la qualité des reprises. Une fois toutes les réserves levées, un procès verbal de levée peut être signé. Si l’entreprise ne revient pas, relancez par écrit puis mettez la en demeure avant la fin de l’année de parfait achèvement.

Après

Après la réception

Les désordres apparus après la réception, non visibles le jour même, sont notifiés par lettre recommandée pendant l’année de parfait achèvement. Conservez tous les documents : devis, factures, procès verbal, photos, attestations d’assurance. Ils seront utiles pour les garanties et lors d’une revente.

Ne vous laissez pas presser par une entreprise qui doit partir sur un autre chantier.

Ancien

Spécificités de l’ancien parisien

Dans un appartement ancien, vérifiez aussi ce que le chantier a pu abîmer : moulures, parquets anciens conservés, menuiseries, plafonds de l’étage inférieur, cage d’escalier. Les dommages aux parties communes doivent être réparés par l’entreprise. Un constat avant travaux facilite la comparaison.

Erreurs

Les erreurs à éviter

Payer le solde avant la réception, signer un procès verbal sans réserves alors que des défauts existent, rédiger des réserves vagues, ne pas faire fonctionner les équipements, oublier les travaux non réalisés : ces erreurs privent le client de ses moyens d’action.

Expert

Le rôle de l’expert

L’expert contrôle les travaux avec méthode et instruments, identifie les défauts peu visibles, distingue tolérances et malfaçons, rédige les réserves avec vous et vous conseille sur le solde. Il est indépendant de l’entreprise.

Mission

La réception de travaux

La réception de travaux à Paris est établie sur devis, selon la nature et l’ampleur du chantier.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La réception est elle obligatoire ?

Elle peut être expresse ou tacite. Une réception expresse avec procès verbal est fortement recommandée.

Que doit contenir le procès verbal ?

Parties, adresse, devis, date, décision, liste précise des réserves et délai de levée, signatures.

Puis je retenir une partie du paiement ?

Si le contrat prévoit une retenue de garantie de 5 %, oui. Sinon, négociez le paiement du solde à la levée des réserves.

Que faire si l’entreprise refuse de signer ?

Faire constater les travaux et envoyer le procès verbal en recommandé. La réception peut être prononcée judiciairement.

Quelles garanties après la réception ?

Parfait achèvement un an, biennale deux ans, décennale dix ans pour les travaux concernés.

Faut il un expert ?

Ce n’est pas obligatoire, mais il sécurise le contrôle et la rédaction des réserves.

Combien coûte une réception de travaux ?

Sur devis, selon la nature et l’ampleur des travaux.

Faut il une réception par entreprise ?

Oui, lorsque plusieurs entreprises sont intervenues directement pour vous, la réception se prononce avec chacune pour ses travaux.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code civil, articles 1792 à 1792 6, Légifrance
  • Loi n° 71 584 du 16 juillet 1971 (retenue de garantie), Légifrance


"Assemblee
Travaux et garanties

Travaux privatifs et autorisation de l’assemblée générale

Travaux et garanties

Travaux privatifs et autorisation de l’assemblée générale

Abattre une cloison, ouvrir un mur, changer les fenêtres, raccorder une salle de bains, installer une climatisation : dans un immeuble en copropriété, certains travaux privatifs nécessitent l’autorisation de l’assemblée générale. Lesquels, comment l’obtenir, et que risque-t-on sans autorisation ? Voici les règles applicables aux appartements parisiens.

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L’essentiel

Un copropriétaire peut réaliser librement des travaux dans ses parties privatives tant qu’ils ne portent pas atteinte aux droits des autres copropriétaires ni à la destination de l’immeuble. En revanche, les travaux qui affectent les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble nécessitent l’autorisation préalable de l’assemblée générale. C’est le cas de l’ouverture d’un mur porteur, du raccordement à une colonne commune, du changement de fenêtres sur rue ou de l’installation d’un équipement en façade ou en toiture. Sans autorisation, une remise en état peut être exigée.

Principe

Le principe

La loi sur la copropriété distingue les parties privatives, réservées à l’usage exclusif d’un copropriétaire, et les parties communes, affectées à l’usage de tous. Chaque copropriétaire use librement de ses parties privatives, à condition de ne pas porter atteinte aux droits des autres ni à la destination de l’immeuble. Le règlement de copropriété précise la répartition entre privatif et commun.

Repeindre, changer un revêtement de sol, refaire une cuisine dans son emplacement, remplacer des cloisons légères relèvent en principe de la liberté du copropriétaire, sous réserve du règlement.

En cas de doute sur le caractère privatif ou commun d’un élément, interrogez le syndic par écrit avant d’engager les travaux.

Autorisation

Les travaux soumis à autorisation

Les travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble, effectués aux frais d’un copropriétaire, doivent être autorisés par l’assemblée générale, à la majorité prévue par la loi. Sont notamment concernés : l’ouverture ou la suppression d’un mur porteur, le percement d’un plancher, le raccordement à une colonne d’eau ou d’évacuation, l’utilisation d’un conduit de cheminée commun.

Sont aussi concernés les travaux modifiant l’aspect extérieur : remplacement de fenêtres ou de volets sur rue ou sur cour par un modèle différent, pose d’un store, d’une unité extérieure de climatisation, d’une antenne, d’une fenêtre de toit.

Règlement

Ce que dit le règlement

Le règlement de copropriété peut contenir des dispositions spécifiques : obligation d’un modèle de fenêtres, interdiction de certains revêtements de sol pour des raisons acoustiques, encadrement des horaires de travaux, interdiction de certaines activités. Lisez le avant de concevoir votre projet.

Une clause du règlement peut aussi soumettre à information préalable du syndic des travaux qui ne nécessitent pas d’autorisation.

Plan d appartement avec murs porteurs surlignes

Les travaux affectant les parties communes se décident en assemblée générale.

Demande

Comment demander l’autorisation

Adressez au syndic une demande d’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, avec un projet de résolution et un dossier technique : description des travaux, plans, note de calcul du bureau d’études pour un mur porteur, attestation d’assurance de l’entreprise. Le syndic inscrit la question, et l’assemblée vote.

Le délai peut être long si l’assemblée vient de se tenir. Anticipez, ou demandez la convocation d’une assemblée spéciale à vos frais.

Conditions

Les conditions de l’autorisation

L’assemblée peut assortir son autorisation de conditions : intervention d’un bureau d’études, contrôle par l’architecte de l’immeuble, réalisation par une entreprise assurée, constat de l’état des parties communes et des logements voisins avant et après travaux, horaires. Respectez les scrupuleusement.

Sans

Travaux sans autorisation

Des travaux réalisés sans autorisation alors qu’elle était nécessaire exposent le copropriétaire à une action du syndicat pour obtenir la remise en état, et à sa responsabilité pour les dommages causés. Une ratification a posteriori par l’assemblée est possible, mais n’est pas garantie.

Pour un acquéreur, découvrir des travaux non autorisés dans le logement acheté est une source de difficultés : régularisation, remise en état, litiges.

Fenetres anciennes sur une facade d immeuble parisien

Les fenêtres sur rue intéressent la copropriété et les règles d’urbanisme. Un remplacement non conforme peut être refusé.

Mur porteur

Le cas du mur porteur

L’ouverture d’un mur porteur est l’exemple le plus courant. Le mur est une partie commune, même à l’intérieur d’un appartement. L’autorisation de l’assemblée générale, appuyée par une étude de structure, est indispensable. Les travaux sont réalisés par une entreprise qualifiée, avec étaiement et renfort dimensionné.

Fenêtres

Le cas des fenêtres

Les fenêtres sont parfois privatives, parfois communes, selon le règlement. Leur aspect extérieur intéresse la copropriété et, à Paris, les règles d’urbanisme. Un remplacement à l’identique est en principe libre, sous réserve du règlement. Un changement de matériau, de couleur ou de dessin nécessite une autorisation, et une déclaration préalable en mairie.

Salle de bains

Le cas de la salle de bains et de la cuisine

Déplacer une cuisine ou créer une salle de bains peut nécessiter de nouveaux raccordements aux colonnes communes, voire le percement d’un plancher ou d’un mur. Ces interventions touchent les parties communes et nécessitent en principe une autorisation. Elles posent aussi des questions de voisinage : une pièce d’eau au-dessus d’une chambre du voisin expose à des nuisances et à des risques de dégâts des eaux.

Le règlement peut interdire de placer des pièces humides au-dessus de pièces sèches. Vérifiez le avant de concevoir votre projet.

Sols

Le cas des revêtements de sol

Remplacer une moquette par un parquet ou un carrelage peut dégrader l’isolement acoustique et gêner le voisin du dessous. Le règlement de copropriété impose parfois une sous-couche acoustique ou un niveau de performance. Même sans clause, un trouble anormal de voisinage peut être reproché.

Choisissez des revêtements et sous-couches adaptés, et conservez les fiches techniques des produits posés.

Combles

Le cas des combles et des parties communes annexées

Annexer un couloir, des combles ou une partie de palier à son appartement suppose d’acheter ces parties communes à la copropriété, par une décision de l’assemblée générale à la majorité requise, puis de modifier l’état descriptif de division et le règlement par acte notarié. Les aménagements de combles touchent aussi la charpente et la toiture, parties communes.

Urbanisme

Les autorisations d’urbanisme

Indépendamment de la copropriété, certains travaux nécessitent une autorisation d’urbanisme : déclaration préalable pour le changement des fenêtres ou la modification de façade, permis de construire pour certains travaux importants. Dans les secteurs protégés de Paris, l’avis de l’architecte des bâtiments de France peut être requis.

Voisins

Les voisins

Même autorisés, des travaux peuvent causer des troubles aux voisins : bruit, poussière, vibrations, fissures. Informez les, respectez les horaires, faites constater l’état de leurs logements avant le chantier si les travaux sont importants. Un constat préalable évite les contestations.

Réception

Réceptionner les travaux

À la fin du chantier, la réception de travaux vérifie la bonne exécution et la conformité aux autorisations obtenues. L’expert relève aussi les éventuels dommages causés aux parties communes.

Bonnes pratiques

Les bonnes pratiques

Avant tout projet, lisez le règlement de copropriété, informez le syndic, identifiez les parties communes concernées, faites établir un dossier technique, demandez l’autorisation à temps, choisissez une entreprise assurée, faites constater l’état des lieux voisins, et réceptionnez les travaux avec soin. Ces étapes évitent une grande part des litiges.

Achat

Lors d’un achat

Avant d’acheter un appartement rénové, vérifiez que les travaux importants, murs porteurs, salles de bains, fenêtres, ont été autorisés. Les procès verbaux d’assemblée générale contiennent ces autorisations. Le bilan avant achat vous aide à identifier les travaux concernés.

Expertise

Les expertises utiles

En cas de fissures après des travaux, l’expertise fissures établit le lien technique. Nos pages par arrondissement présentent les spécificités du bâti parisien.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Faut il une autorisation pour abattre une cloison ?

Pas pour une cloison légère privative. Pour un mur porteur, oui.

Puis je changer mes fenêtres librement ?

À l’identique, en principe oui selon le règlement. Pour un modèle différent, une autorisation et une déclaration préalable sont nécessaires.

Comment obtenir une autorisation ?

Par une demande d’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale, avec un dossier technique.

Que risque t on sans autorisation ?

Une demande de remise en état et la responsabilité des dommages.

Une climatisation en façade est elle autorisée ?

Elle nécessite l’accord de la copropriété et le respect des règles d’urbanisme.

Peut on ratifier des travaux déjà faits ?

L’assemblée peut ratifier a posteriori, sans garantie.

Combien coûte une réception de travaux ?

Sur devis, selon la nature des travaux.

Puis je annexer un couloir commun ?

Oui, en l’achetant à la copropriété après un vote de l’assemblée générale, puis par acte notarié modifiant l’état descriptif de division.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, articles 9 et 25 b, Légifrance
  • Code de l’urbanisme, articles R421 17 et suivants, Légifrance


"Salle
Travaux et garanties

Créer une salle de bains sur un plancher bois ancien

Travaux et garanties

Créer une salle de bains sur un plancher bois ancien

Créer une salle de bains dans une ancienne chambre, installer une douche à l’italienne, remplacer une baignoire par une douche : dans un appartement parisien ancien, ces travaux se font sur un plancher en bois de plus d’un siècle. Sans précautions, ils peuvent provoquer fuites, pourriture, fissures et litiges avec les voisins. Voici les règles à respecter.

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L’essentiel

Une salle de bains sur un plancher bois ancien doit respecter quatre exigences : ne pas surcharger le plancher, assurer une étanchéité continue sous les revêtements, raccorder correctement les évacuations aux colonnes avec une pente suffisante, et ventiler la pièce. Le choix des matériaux, le système de protection à l’eau sous carrelage, la position des appareils et le passage des canalisations sans entailler les solives sont déterminants. La réception des travaux doit vérifier ces points avant la pose des finitions et à la fin du chantier.

Plancher

Le plancher bois, un support sensible

Le plancher d’un immeuble ancien est constitué de solives en bois portant un parquet sur lambourdes ou un remplissage, avec un plafond en plâtre en dessous. Il est souple, sensible à l’humidité et à la surcharge. Une salle de bains apporte les deux : poids des équipements, de l’eau et des revêtements, et humidité permanente.

Avant les travaux, l’état du plancher doit être vérifié : flèche, état des solives, traces d’anciennes fuites. Un plancher affaibli doit être renforcé avant d’accueillir une salle de bains.

Charges

Limiter les surcharges

Une baignoire en fonte remplie, une chape de ciment épaisse pour créer une pente, un carrelage en pierre naturelle, un meuble vasque massif : le poids s’accumule. Les solutions légères sont préférables : receveur extraplat, chape allégée ou panneaux de mise en œuvre spécifiques pour douches de plain-pied, carrelage de faible épaisseur. Pour une charge importante, une étude par un bureau d’études est utile.

Étanchéité

L’étanchéité sous carrelage

Sur un plancher bois, l’eau qui traverse les joints de carrelage atteint directement le bois. Un système de protection à l’eau sous carrelage, membrane liquide ou feuille, doit être mis en œuvre sur tout le sol de la douche et en relevé sur les murs, avec un traitement soigné des angles, des traversées et du siphon. Dans une douche à l’italienne, ce système est indispensable.

Le support doit être rigide et stable : un plancher qui fléchit fissure le carrelage et la membrane. Des panneaux adaptés sont posés sur le plancher avant l’étanchéité.

Plancher bois ancien ouvert pendant des travaux

Un plancher bois ouvert pendant les travaux révèle l’état des solives avant la pose de la salle de bains.

Douche

La douche à l’italienne

Une douche de plain-pied impose une pente vers l’évacuation et un siphon logé dans l’épaisseur du sol. Sur un plancher bois, la hauteur disponible est limitée. Entailler les solives pour loger le siphon les affaiblit et est à proscrire sans étude. Les solutions consistent à rehausser légèrement le sol de la salle de bains, à utiliser des siphons extraplats, ou à positionner la douche entre deux solives.

La pente doit être suffisante et régulière pour éviter la stagnation. Elle se vérifie à la réception en faisant couler l’eau.

Évacuations

Évacuations et colonnes

Les évacuations doivent rejoindre la colonne de chute de l’immeuble avec une pente suffisante, sans contre pente ni coude excessif. Dans une ancienne chambre éloignée de la colonne, le trajet peut être long, et la pente difficile à obtenir. Une pompe de relevage peut être nécessaire, avec ses contraintes de bruit et d’entretien.

Le raccordement à la colonne commune touche une partie commune : il doit être fait proprement, et peut nécessiter l’accord de la copropriété.

Ventilation

Ventiler la salle de bains

Une salle de bains créée dans une pièce sans fenêtre, ou avec une petite fenêtre, doit disposer d’une extraction mécanique ou d’un conduit naturel. Sans ventilation, la condensation dégrade les peintures, les joints et, à terme, le plancher. Un extracteur raccordé à un conduit existant ou à une sortie autorisée est la solution habituelle.

Systeme d etancheite sous carrelage pose au sol

Le système d’étanchéité sous carrelage protège le plancher bois de l’eau.

Murs

Les murs de la salle de bains

Les murs d’un appartement ancien, en plâtre, en carreaux de plâtre ou en briques, craignent l’eau. Autour de la douche et de la baignoire, ils doivent être protégés par le même système d’étanchéité que le sol, en relevé sur une hauteur suffisante, avant la faïence. Les plaques de plâtre hydrofuges ne suffisent pas à elles seules dans les zones exposées aux projections directes.

Les cloisons créées pour délimiter la salle de bains doivent être adaptées aux locaux humides. Leur jonction avec les murs anciens et le plafond doit être soignée pour éviter les fissures.

Contrôle

Le contrôle avant finitions

Le moment le plus important du chantier est celui où l’étanchéité est posée, avant le carrelage. C’est la seule occasion de vérifier sa continuité, ses relevés, le traitement autour du siphon et des traversées de tuyaux. Un essai de mise en eau peut être réalisé. Demandez à l’entreprise de vous prévenir de cette étape et faites la contrôler.

Photographiez l’étanchéité avant qu’elle ne soit recouverte : ces photos seront précieuses en cas de sinistre ou de revente.

Électricité

Électricité

Les règles de sécurité électrique dans les salles d’eau définissent des volumes autour de la douche et de la baignoire, où certains appareils sont interdits ou limités. La liaison équipotentielle et la protection différentielle sont obligatoires. Faites réaliser ces travaux par un électricien qualifié.

Copropriété

Copropriété et voisinage

Créer une salle de bains au-dessus d’une pièce sèche de l’appartement du dessous, comme une chambre, expose à des nuisances sonores et à des risques de dégâts des eaux. Le règlement de copropriété peut encadrer ces travaux. Le raccordement aux colonnes et le percement de murs porteurs ou de planchers nécessitent en principe l’accord de l’assemblée générale.

Informez le syndic et les voisins avant les travaux, et faites constater l’état du plafond du dessous.

Acoustique

Acoustique

Les bruits d’écoulement et de chasse d’eau se transmettent par les planchers et les canalisations. Des fourreaux et colliers isolants, des canalisations à faible émission sonore et un isolant sous la salle de bains limitent la gêne pour les voisins.

Réception

Réceptionner les travaux

À la fin du chantier, vérifiez l’étanchéité, les pentes, les joints, les écoulements, la ventilation, l’électricité et l’absence de désordres chez le voisin du dessous. Une réception de travaux avec un expert permet de rédiger des réserves précises avant de régler le solde.

Idéalement, un contrôle intermédiaire avant la pose du carrelage permet de vérifier le système d’étanchéité, qui ne sera plus visible ensuite.

Garanties

Garanties et assurances

L’entreprise doit être assurée en responsabilité décennale pour les travaux d’étanchéité et de plomberie. Une infiltration qui rend la salle de bains inutilisable ou endommage la structure peut relever de la décennale. Conservez le devis, les factures, les photos de l’étanchéité avant carrelage et l’attestation d’assurance.

Achat

Lors d’un achat

Si vous achetez un appartement avec une salle de bains créée récemment, interrogez le vendeur sur les travaux et l’entreprise, vérifiez les traces d’humidité au plafond du dessous et les autorisations de copropriété. Le bilan avant achat mesure l’humidité et contrôle les signes de désordres.

Expertise

Les expertises utiles

En cas de fuite ou d’humidité, l’expertise humidité en recherche l’origine. En cas de fissures au plafond du dessous, l’expertise fissures évalue l’état du plancher.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Peut on faire une douche à l’italienne sur un plancher bois ?

Oui, avec un support rigide, un système d’étanchéité adapté et une solution pour loger le siphon sans entailler les solives.

Faut il renforcer le plancher ?

Si son état ou les charges prévues l’exigent, oui, après diagnostic.

Faut il l’accord de la copropriété ?

Pour le raccordement aux colonnes communes ou des travaux touchant les parties communes, en principe oui.

Une baignoire en fonte est elle trop lourde ?

Elle représente une charge importante, à vérifier au regard de l’état du plancher.

Comment éviter les dégâts des eaux chez le voisin ?

Par une étanchéité continue sous carrelage, des raccordements soignés et un contrôle avant finitions.

Les travaux sont ils couverts par la décennale ?

Les travaux d’étanchéité et de plomberie peuvent l’être. Vérifiez l’assurance de l’entreprise.

Combien coûte une réception de travaux ?

Le prix est établi sur devis, selon la nature des travaux.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Norme NF C 15 100 (installations électriques), AFNOR
  • Documents techniques unifiés relatifs aux revêtements de sol et à l’étanchéité, AFNOR
  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, article 25 b, Légifrance


"Maison
Construction CCMI

Réception CCMI : le délai de huit jours expliqué

Construction CCMI

Réception CCMI : le délai de huit jours expliqué

Vous venez de réceptionner votre maison neuve, seul, et de signer le procès verbal. La loi vous laisse huit jours pour dénoncer les vices apparents que vous n’auriez pas signalés. Comment fonctionne ce délai, pourquoi il est si court, et comment l’utiliser efficacement ?

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L’essentiel

Dans un contrat de construction de maison individuelle, lorsque le maître d’ouvrage n’est pas assisté d’un professionnel lors de la réception, il peut dénoncer par lettre recommandée, dans les huit jours qui suivent la remise des clés, les vices apparents qu’il n’avait pas signalés lors de la réception. Passé ce délai, ces vices apparents sont réputés acceptés. Une visite post réception par un expert dans ces huit jours permet de dresser une liste complète. Mieux vaut encore être assisté le jour de la réception.

Réception

Ce qu’est la réception

La réception est l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter l’ouvrage, avec ou sans réserves. Elle est prononcée contradictoirement, en présence du constructeur, et formalisée par un procès verbal. Elle déclenche les garanties : parfait achèvement d’un an, biennale de deux ans, décennale de dix ans, et transfère la garde de la maison au maître d’ouvrage.

Les défauts apparents non réservés à la réception sont réputés acceptés, sauf dans le cadre du délai de huit jours.

C’est l’étape juridique la plus importante de la construction.

Huit jours

Le délai de huit jours

Le Code de la construction et de l’habitation prévoit que, lorsque le maître d’ouvrage ne se fait pas assister par un professionnel lors de la réception, il dispose d’un délai de huit jours à compter de celle-ci pour dénoncer, par lettre recommandée avec accusé de réception, les vices apparents qu’il n’avait pas signalés lors de la réception. Cette faculté doit être rappelée dans le contrat et lors de la réception.

Le délai est court. Il permet de compléter la liste des réserves, pas de la refaire à loisir.

Pourquoi

Pourquoi ce délai existe

Le législateur a tenu compte du fait qu’un particulier, le jour de la réception, n’a pas toujours les compétences pour repérer tous les défauts, et qu’il peut être pris par l’émotion et la pression du moment. Les huit jours lui permettent de revoir la maison au calme, de vérifier les équipements, de se faire conseiller.

Lorsqu’un professionnel l’assiste, ce délai supplémentaire n’est pas prévu : les réserves doivent être complètes le jour même.

Proces verbal de reception pose sur un capot de voiture devant une maison

Le jour de la réception, la maison doit être examinée de l’extérieur comme de l’intérieur. Prenez le temps nécessaire.

Faire

Comment utiliser les huit jours

Dès la remise des clés, revisitez la maison pièce par pièce et à l’extérieur, de jour, avec méthode. Testez tous les équipements : menuiseries, volets, électricité, plomberie, chauffage, ventilation, porte de garage. Observez les façades, la toiture depuis le sol, les gouttières, les abords. Photographiez chaque défaut.

Mieux encore, faites intervenir un expert pour une visite post réception dans ces huit jours. Il dresse une liste complète et précise que vous adressez au constructeur.

Courrier

Le courrier de dénonciation

Le courrier, envoyé en recommandé avec accusé de réception avant l’expiration des huit jours, liste chaque vice apparent non réservé, avec sa localisation et sa description, et demande sa reprise. Joignez les photos et, le cas échéant, le rapport de l’expert. Gardez une copie et l’accusé.

Comptez les jours avec précaution : le délai court à compter de la réception. Envoyez le courrier sans attendre le dernier jour.

Extérieur

Ne pas oublier l’extérieur

Le jour de la réception, l’attention se porte sur l’intérieur, et l’extérieur est vite parcouru. Pendant les huit jours, faites le tour complet de la maison : façades et enduits, appuis de fenêtres, gouttières et descentes, raccordement des eaux pluviales, seuils, terrasse, porte de garage, regards d’assainissement, compteurs. Observez la toiture depuis le jardin et depuis la rue.

Dans les zones argileuses, la gestion des eaux autour de la maison conditionne sa stabilité : une descente qui se déverse au pied d’un mur doit être signalée.

Expert verifiant une menuiserie exterieure

Une menuiserie mal réglée est un vice apparent à réserver ou à dénoncer dans les huit jours.

Tester

Tester les équipements au calme

Les huit jours permettent de tester les équipements dans des conditions réelles : chauffage en marche plusieurs heures, ventilation mécanique au bruit et au débit, production d’eau chaude, écoulement des douches pleine eau, fonctionnement de tous les volets et de la porte de garage, interphone, alarme. Un dysfonctionnement constaté dans ce délai et visible relève de la dénonciation.

Notez chaque anomalie avec sa date et photographiez la.

Paris

Pour un propriétaire parisien

Pour une famille qui vit à Paris, la réception a lieu loin du domicile, parfois avant le déménagement. Les huit jours passent vite si vous ne revenez pas sur place. Organisez à l’avance une seconde visite, ou faites intervenir l’expert sur place dans ce délai. N’attendez pas d’avoir emménagé pour revoir la maison.

Solde

Consignation du solde

Le solde de 5 % du prix est payé à la réception si aucune réserve n’est formulée. En cas de réserves, il est consigné jusqu’à leur levée. Les vices dénoncés dans les huit jours s’ajoutent aux réserves, et peuvent justifier le maintien de la consignation.

Assistance

L’intérêt d’être assisté le jour J

Être assisté d’un expert lors de la réception évite de dépendre du délai de huit jours. L’expert contrôle la maison avec méthode, rédige les réserves précisément et vous conseille sur la consignation. En contrepartie, le délai de huit jours ne s’applique plus : les réserves doivent être complètes le jour même, ce que l’expert garantit.

La pré réception, quelques semaines avant, permet en plus de faire corriger une grande partie des défauts avant la réception.

Après huit jours

Après les huit jours

Les vices apparents non réservés ni dénoncés sont réputés acceptés. Les désordres qui apparaissent ensuite, non visibles à la réception, relèvent de la garantie de parfait achèvement pendant un an, à notifier par écrit. Les désordres graves relèvent ensuite de la garantie décennale.

Exemples

Exemples de vices apparents oubliés

Enduit de façade fissuré derrière la maison, gouttière à contre pente, descente non raccordée, seuil de porte fenêtre sans pente, carrelage sonnant creux, joint de douche incomplet, volet électrique qui ne fonctionne pas, prise non alimentée, porte de garage mal réglée, regard d’assainissement inaccessible, bouche de ventilation absente : autant de défauts visibles qui échappent facilement le jour de la réception.

Refus

Refuser la réception

Si la maison n’est pas achevée ou présente des défauts graves la rendant impropre à l’habitation, il peut être préférable de refuser la réception. Le refus doit être motivé. Il prolonge la responsabilité du constructeur et peut déclencher des pénalités de retard. C’est une décision lourde, à prendre avec conseil.

Documents

Les documents à réclamer

Lors de la réception, demandez les documents utiles : notices des équipements, attestation de fin de travaux relative à la réglementation thermique et environnementale, résultat du test d’étanchéité à l’air, attestation de conformité électrique, coordonnées de l’assureur dommages ouvrage. Mentionnez les documents manquants.

Visite

La visite post réception

La visite de réception ou post réception est réalisée par un expert, le jour de la réception ou dans les huit jours qui suivent. Elle est proposée au même tarif que la réception.

Expert

Le suivi CCMI

Le suivi de construction CCMI vous accompagne jusqu’à la réception, et au-delà avec l’option garantie de parfait achèvement.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le délai de huit jours s’applique t il toujours ?

Seulement si le maître d’ouvrage n’est pas assisté d’un professionnel lors de la réception.

Comment dénoncer les vices ?

Par lettre recommandée avec accusé de réception, avant l’expiration des huit jours.

Que se passe t il après huit jours ?

Les vices apparents non signalés sont réputés acceptés. Les désordres nouveaux relèvent de la garantie de parfait achèvement.

Le solde doit il être payé ?

À la réception sans réserves. En cas de réserves, il est consigné.

Un expert peut il intervenir après la réception ?

Oui, dans les huit jours, pour une visite post réception.

Faut il refuser la réception si la maison est inachevée ?

C’est possible, avec motif. La décision mérite conseil.

Combien coûte la visite post réception ?

720 € TTC jusqu’à 75 m², puis 3 € par m², frais en sus.

Les huit jours sont ils des jours ouvrés ?

Le délai court à compter de la réception. Pour éviter tout débat, envoyez votre courrier sans attendre le dernier jour.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L231 8 et R231 7, Légifrance
  • Code civil, article 1792 6, Légifrance


"Chantier
Construction CCMI

Suivre un chantier CCMI à distance : la bonne méthode

Construction CCMI

Suivre un chantier CCMI à distance : la bonne méthode

Votre maison se construit à soixante ou quatre-vingts kilomètres de Paris, et vous ne pouvez pas vous rendre sur le chantier chaque semaine. Comment savoir ce qui se passe, vérifier la qualité des travaux et réagir à temps ? Voici une méthode de suivi à distance, étape par étape.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Suivre un chantier CCMI à distance repose sur quatre outils : un planning prévisionnel tenu à jour par le constructeur, des photos datées à chaque étape, des visites d’expert indépendant aux moments où les ouvrages clés sont visibles, et un échange écrit systématique avec le conducteur de travaux. Associer chaque appel de fonds à une vérification de l’étape correspondante permet de ne payer que ce qui est réellement réalisé, et bien réalisé.

Difficulté

La difficulté du chantier éloigné

Un chantier de maison individuelle dure en général plusieurs mois. Les entreprises se succèdent : terrassier, maçon, charpentier, couvreur, menuisier, plaquiste, électricien, plombier, chapiste, carreleur. Chaque étape recouvre la précédente : les fondations sont enterrées, les réseaux noyés dans la chape, l’isolation cachée derrière les plaques.

Pour un maître d’ouvrage parisien, les visites sont rares et parfois limitées au week-end, quand le chantier est fermé. Le risque est de découvrir un défaut quand il n’est plus visible ni réparable simplement.

Planning

Exiger un planning

Demandez au constructeur un planning prévisionnel des grandes étapes : ouverture de chantier, fondations, élévation des murs, charpente et couverture, menuiseries, cloisons, réseaux, chape, finitions, réception. Demandez à être informé à l’avance des dates clés, en particulier le coulage des fondations, la pose de l’isolation et le coulage de la chape.

Ce planning permet de programmer les visites d’expert au bon moment.

Avec une méthode simple et des contrôles aux bons moments, ce risque se maîtrise.

Photos

Des photos à chaque étape

Demandez au conducteur de travaux des photos datées à chaque étape : fouilles et ferraillage avant coulage, murs et chaînages, charpente, isolation avant fermeture, réseaux, chape. Ces photos ne remplacent pas un contrôle, mais elles constituent une mémoire du chantier et permettent de repérer des anomalies.

Si vous passez sur le chantier, photographiez vous-même, même sans compétence particulière : l’expert pourra interpréter vos images.

Expert photographiant des murs en blocs beton sur un chantier

Des murs en blocs béton photographiés à l’étape du gros œuvre gardent la mémoire du chantier.

Échanges

Tout écrire

Échangez par écrit avec le constructeur : questions, demandes de photos, observations, demandes de correction. Un courriel confirmé ou un courrier garde la trace. Après chaque visite d’expert, transmettez le rapport au constructeur avec une demande écrite de réponse sur chaque point.

Les échanges oraux sur le chantier sont utiles, mais ils doivent être confirmés par écrit.

Appels

Associer appels de fonds et contrôles

Les appels de fonds sont liés à l’avancement : fondations, murs, hors d’eau, hors d’air et cloisons, équipements. Avant de régler un appel, vérifiez que l’étape est réellement achevée et conforme. Une visite d’expert juste avant ou juste après l’appel donne cette assurance.

Si un défaut important est constaté, demandez sa correction avant de payer, par écrit.

Contrat

Prévoir le suivi dans le contrat

Avant de signer, discutez avec le constructeur des modalités de suivi : information sur les dates clés, accès au chantier pour vous et votre expert, transmission de photos, interlocuteur unique. Certaines de ces modalités peuvent être écrites dans le contrat ou dans un courrier annexé. Un constructeur sérieux n’a rien à craindre d’un suivi indépendant et l’accepte volontiers.

Précisez aussi que les visites d’expert ne retarderont pas le chantier : elles se calent sur le planning, sans immobiliser les entreprises.

Personne consultant un rapport de visite de chantier sur une tablette

Un rapport de visite consultable à distance permet de suivre le chantier depuis Paris.

Conducteur

Le conducteur de travaux

Le conducteur de travaux du constructeur est votre interlocuteur principal pendant le chantier. Il organise les interventions des entreprises, contrôle leur travail et gère le planning. Établissez avec lui une relation de confiance, factuelle, par des échanges réguliers. Informez le de la présence de votre expert et transmettez lui les rapports.

Un conducteur de travaux qui répond par écrit, transmet des photos et corrige les défauts signalés est un bon signe pour la suite du chantier.

Outils

Les outils numériques

Certains constructeurs proposent un espace client en ligne, avec le planning, les photos et les documents du chantier. Utilisez le, et complétez le par un dossier personnel où vous classez les rapports d’expert, les échanges, les appels de fonds et les justificatifs de paiement. Un tableau simple, étape par étape, permet de suivre l’avancement, les contrôles réalisés et les corrections demandées.

Imprévus

Gérer les imprévus

Un chantier connaît des aléas : intempéries, retard d’une entreprise, découverte en terrassement, rupture d’approvisionnement. Demandez au constructeur de vous informer rapidement de tout imprévu et de ses conséquences sur le planning et le coût. Le prix d’un contrat de construction de maison individuelle est forfaitaire : un supplément n’est possible que dans les cas prévus au contrat ou à votre demande.

Vérifiez par écrit toute modification proposée avant de l’accepter.

Fondations

Visite 1 : fondations

La visite fondations intervient fouilles ouvertes, avant ou juste après le coulage. L’expert contrôle l’implantation, la profondeur, le ferraillage et la conformité à l’étude de sol.

Gros œuvre

Visite 2 : gros œuvre

La visite gros œuvre intervient murs montés, avant ou à la mise hors d’eau. L’expert vérifie l’aplomb, les chaînages, les linteaux, les planchers, la charpente.

Cloisons

Visite 3 : cloisons

La visite cloisons intervient avant la fermeture des doublages. L’expert contrôle l’isolation, l’étanchéité à l’air, les réseaux électriques, la plomberie et la ventilation.

Chape

Visite 4 : chape

La visite chape intervient avant ou après le coulage. L’expert vérifie l’isolant, les réseaux au sol, le plancher chauffant, puis la planéité et l’état de surface.

Réception

Visites 5 et 6 : pré réception et réception

La pré réception, quelques semaines avant la fin, permet de faire corriger les défauts. La réception accompagnée sécurise la signature du procès verbal et les réserves.

Rapports

Exploiter les rapports

Chaque rapport d’expert décrit l’avancement, les points contrôlés, les défauts et les demandes de correction. Conservez les, transmettez les au constructeur et vérifiez à la visite suivante que les corrections ont été faites. L’ensemble forme un historique complet de la construction, utile en cas de désordre ultérieur ou de revente.

Voisins

Les voisins du chantier

Si vous connaissez des voisins proches du terrain, demandez leur de vous signaler ce qu’ils observent : arrêt prolongé du chantier, intempéries, dégradation. Leur regard régulier complète utilement vos visites espacées. Entretenir de bonnes relations avec le futur voisinage est aussi un atout pour la vie dans la maison.

Réagir

Réagir à un défaut

Si un défaut est relevé, demandez par écrit sa correction avant l’étape suivante. Si le constructeur conteste, demandez une réponse argumentée. En cas de désaccord persistant sur un point important, n’hésitez pas à suspendre le paiement de l’appel concerné dans le respect du contrat, et à faire intervenir un conseil.

Présence

Venir quand même

Même avec un suivi d’expert, venez sur le chantier quand vous le pouvez, en prévenant le constructeur et en respectant les règles de sécurité. Vous vérifierez l’implantation, la distribution, les ouvertures, et vous vous approprierez votre future maison.

Expert

Le suivi CCMI

Le suivi de construction CCMI organise ces visites avec un expert proche de votre chantier, et vous adresse un rapport photographié après chacune.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Combien de visites d’expert prévoir ?

Six étapes clés : fondations, gros œuvre, cloisons, chape, pré réception et réception. Chaque visite peut être commandée seule.

Le constructeur doit il envoyer des photos ?

Ce n’est pas toujours prévu au contrat, mais vous pouvez le demander. Une demande écrite claire facilite l’accord.

Puis je visiter le chantier ?

Oui, en prévenant le constructeur et en respectant les règles de sécurité.

Faut il payer un appel de fonds sans contrôle ?

Il est préférable de vérifier l’avancement et la conformité avant de payer.

Que faire d’un défaut relevé par l’expert ?

Le signaler par écrit au constructeur et demander sa correction avant l’étape suivante.

L’expert peut il intervenir loin de Paris ?

Oui, le réseau Check my House couvre la France, un expert proche du chantier est désigné.

Combien coûte le suivi ?

Visites de 510 à 720 € TTC jusqu’à 75 m², 450 € de gestion pour le chantier, 60 € de déplacement.

Le constructeur peut il refuser l’expert ?

Le maître d’ouvrage peut se faire assister sur son chantier, dans le respect des règles de sécurité. Prévoyez les modalités avant la signature.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L231 1 et suivants, R231 7, Légifrance


"Sol
Construction CCMI

Sols argileux en Île-de-France : ce que doit prévoir votre constructeur

Construction CCMI

Sols argileux en Île-de-France : ce que doit prévoir votre constructeur

Fissures en façade, portes qui coincent, carrelage qui se fend : en Île-de-France, des milliers de maisons ont souffert des mouvements des sols argileux. Si vous faites construire, ce risque se maîtrise dès la conception. Voici ce que doit prévoir votre constructeur, et ce que vous devez vérifier.

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L’essentiel

Les sols argileux gonflent quand ils s’humidifient et se rétractent quand ils sèchent. Ces variations provoquent des tassements différentiels sous les fondations superficielles des maisons, à l’origine de fissures. Dans les zones d’exposition moyenne ou forte, la loi impose une étude géotechnique préalable lors de la vente du terrain, et le constructeur doit suivre les recommandations d’une étude de conception ou appliquer des dispositions constructives : fondations plus profondes et homogènes, structure rigide avec chaînages, gestion des eaux pluviales éloignée de la maison, distance aux arbres.

Phénomène

Le retrait gonflement des argiles

Certaines argiles ont la propriété de changer de volume selon leur teneur en eau. En période de sécheresse, elles se rétractent et le sol s’affaisse. Lorsqu’elles se réhumidifient, elles gonflent. Ces mouvements, de quelques centimètres, sont lents mais répétés. Sous une maison fondée superficiellement, ils sont rarement uniformes : le sol bouge davantage en périphérie qu’au centre, ou d’un côté plus que de l’autre.

Ces tassements différentiels déforment la structure et provoquent des fissures, en particulier aux angles et autour des ouvertures.

Ce phénomène est lent et saisonnier, ce qui le rend parfois difficile à identifier au début.

Île-de-France

L’exposition en Île-de-France

Une partie importante de l’Île-de-France est exposée au retrait gonflement des argiles, avec des zones d’exposition moyenne ou forte dans plusieurs départements de grande couronne et de petite couronne. Les sécheresses successives ont donné lieu à des reconnaissances répétées de l’état de catastrophe naturelle dans la région.

La carte d’exposition est consultable sur Géorisques. Avant d’acheter un terrain, vérifiez son niveau d’exposition.

Loi

Ce que la loi impose

Depuis la loi ELAN, dans les zones d’exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain non bâti constructible doit fournir une étude géotechnique préalable. Lors de la construction d’une maison individuelle, le constructeur doit soit suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception, soit respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.

Ces obligations visent à prévenir les sinistres, qui coûtent cher aux propriétaires et aux assureurs.

Fouille de fondation profonde sur un terrain argileux

Une fouille profonde, conforme à l’étude de sol, limite l’effet des mouvements des argiles.

Études

Étude préalable et étude de conception

L’étude géotechnique préalable, fournie par le vendeur du terrain, caractérise le sol à l’échelle de la parcelle et identifie le risque. Elle reste valable un certain temps et est annexée à la promesse de vente du terrain. L’étude de conception, commandée par le maître d’ouvrage ou le constructeur, tient compte du projet précis : implantation, charges, niveaux, et définit les fondations adaptées.

Le constructeur peut se dispenser de l’étude de conception en appliquant les techniques forfaitaires définies par la réglementation. Vérifiez quelle option a été retenue et ce qu’elle implique concrètement.

Signes

Les signes d’un problème sur une maison existante

Sur une maison déjà construite, les signes d’un mouvement lié aux argiles sont caractéristiques : fissures en escalier dans les maçonneries, fissures obliques partant des angles des fenêtres et des portes, décollement entre la maison et une terrasse ou un garage, portes et fenêtres qui coincent, carrelage qui se fend, fissures qui s’ouvrent l’été et se referment partiellement l’hiver.

Si vous achetez une maison existante en zone argileuse, faites examiner ces signes avant l’achat.

Extension

Extensions et annexes

Une extension, une véranda ou un garage ajouté plus tard sur des fondations différentes de la maison principale est un point de faiblesse. Les deux volumes réagissent différemment aux mouvements du sol, et des fissures apparaissent à la jonction. Un joint de rupture et des fondations adaptées sont nécessaires. Pensez y si vous prévoyez d’agrandir la maison après la construction.

Ingenieur geotechnicien realisant un sondage de sol

Le sondage géotechnique caractérise le sol avant la conception des fondations. Ses résultats guident le choix des fondations.

Fondations

Des fondations adaptées

Les dispositions constructives portent d’abord sur les fondations : une profondeur minimale d’ancrage, plus importante en zone de forte exposition, pour atteindre des couches moins sensibles aux variations d’humidité. Les fondations doivent être homogènes : même profondeur sur tout le pourtour, éviter les niveaux de fondation différents sans précaution. Un sous sol partiel crée un risque de comportement différentiel.

Selon l’étude de sol, des fondations profondes sur pieux ou micropieux peuvent être prescrites.

Structure

Une structure rigide

La structure doit pouvoir supporter de légers mouvements sans se fissurer. Les chaînages horizontaux et verticaux en béton armé, liant les murs entre eux, rigidifient l’ensemble. Les joints de rupture entre des volumes fondés différemment, comme un garage accolé, permettent à chaque partie de bouger indépendamment.

Le plancher bas peut être réalisé sur vide sanitaire ou en dallage désolidarisé, selon les recommandations.

Eaux

Gérer les eaux autour de la maison

Les eaux pluviales des toitures ne doivent pas être rejetées au pied des murs : elles humidifient le sol de façon irrégulière. Elles sont collectées et éloignées, vers un réseau ou un dispositif d’infiltration situé à distance. Un trottoir étanche ou une géomembrane autour de la maison limite l’évaporation et les variations d’humidité en périphérie.

Les canalisations enterrées doivent être souples et étanches pour éviter les fuites, qui humidifient localement le sol.

Arbres

Les arbres

Les racines des arbres puisent l’eau du sol et accentuent le dessèchement en période de sécheresse. Un arbre trop proche de la maison peut provoquer des tassements. Les recommandations fixent une distance minimale, liée à la hauteur de l’arbre adulte, ou imposent un écran anti-racines.

Tenez en compte lors de l’implantation et de l’aménagement du jardin.

Sur votre chantier, des photos de chaque étape, datées, complètent utilement les rapports d’expert.

Vérifier

Ce que vous devez vérifier

Demandez l’étude géotechnique préalable remise par le vendeur du terrain, et vérifiez que le contrat de construction mentionne l’étude de conception ou les dispositions constructives retenues. Lors de la visite fondations, faites contrôler la profondeur d’ancrage et l’homogénéité des fondations. Lors des visites suivantes, vérifiez les chaînages et la gestion des eaux.

Visite fondations

La visite fondations

La visite fondations est le moment clé : l’expert mesure la profondeur des fouilles, vérifie le fond de fouille, le ferraillage et la conformité aux prescriptions de l’étude de sol. Un écart corrigé avant coulage évite des années de désordres.

Gros œuvre

La visite gros œuvre

La visite gros œuvre contrôle les chaînages, les joints de rupture et la qualité de la maçonnerie, qui conditionnent la capacité de la maison à supporter de légers mouvements.

Après

Après la livraison

Après la livraison, l’entretien compte : gouttières propres, descentes raccordées, pas de plantation d’arbres trop près, arrosage régulier en période sèche des abords si nécessaire, surveillance des fissures. En cas de fissures dans les dix ans, la garantie décennale peut s’appliquer si elles compromettent la solidité.

Catastrophe

Sécheresse et catastrophe naturelle

En cas de sécheresse reconnue par arrêté de catastrophe naturelle pour la commune, les dommages peuvent être indemnisés au titre de la garantie catastrophe naturelle du contrat d’assurance habitation, dans les conditions prévues. Une maison construite selon les règles réduit fortement le risque de sinistre.

Expert

Le suivi CCMI

Le suivi de construction CCMI intègre le contrôle des dispositions liées au sol à chaque étape.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Mon terrain est il argileux ?

La carte d’exposition sur Géorisques et l’étude géotechnique préalable le précisent.

L’étude de sol est elle obligatoire ?

Dans les zones d’exposition moyenne ou forte, lors de la vente d’un terrain constructible, oui.

Quelle profondeur pour les fondations ?

Elle dépend de l’exposition et de l’étude de sol. Les dispositions réglementaires fixent des minimums.

Les arbres sont ils un risque ?

Oui s’ils sont trop proches. Respectez les distances recommandées.

Les gouttières comptent elles ?

Oui, les eaux pluviales doivent être éloignées de la maison.

Qui paie en cas de fissures ?

Selon la cause : garantie décennale du constructeur, ou garantie catastrophe naturelle si un arrêté est publié.

Combien coûte une visite fondations ?

510 € TTC jusqu’à 75 m², avec 450 € de gestion pour le chantier et 60 € de déplacement.

Une véranda ajoutée peut elle se fissurer ?

Oui, si ses fondations diffèrent de celles de la maison. Un joint de rupture et des fondations adaptées sont nécessaires.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 2018 1021 du 23 novembre 2018 (ELAN), article 68, Légifrance
  • Code de la construction et de l’habitation, articles L132 4 et suivants, Légifrance
  • Géorisques, retrait gonflement des argiles


"Maison
Construction CCMI

Faire construire en Île-de-France quand on vit à Paris

Construction CCMI

Faire construire en Île-de-France quand on vit à Paris

Vous vivez à Paris et vous rêvez d’une maison avec jardin. Le projet passe en général par un terrain en grande couronne et un contrat de construction de maison individuelle. Comment choisir le terrain, le constructeur, sécuriser le contrat et suivre un chantier situé à une ou deux heures de chez vous ? Voici les étapes et les pièges à éviter.

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L’essentiel

Faire construire en Île-de-France quand on vit à Paris suppose de choisir un terrain dont le sol, les risques et les règles d’urbanisme sont connus, de signer un contrat de construction de maison individuelle conforme à la loi, avec garantie de livraison, et de suivre un chantier éloigné. Les points clés sont l’étude de sol, la notice descriptive, l’échelonnement des paiements, les visites aux étapes décisives, fondations, gros œuvre, cloisons, chape, et la réception, où les réserves doivent être complètes.

Projet

Le projet type

Les familles parisiennes qui font construire cherchent de l’espace, un jardin, un environnement plus calme, à un prix au mètre carré inférieur à celui de Paris. Elles s’orientent vers la Seine et Marne, l’Essonne, les Yvelines, le Val d’Oise, parfois plus loin. Le projet combine l’achat d’un terrain et la signature d’un contrat de construction avec un constructeur.

La distance entre le domicile parisien et le chantier est une contrainte majeure : elle limite les visites et la capacité à réagir rapidement.

Bien préparé, le projet reste pourtant tout à fait réalisable.

Terrain

Choisir le terrain

Le terrain conditionne tout : orientation, accès, raccordements aux réseaux, règles d’urbanisme du plan local d’urbanisme, servitudes, risques naturels. Vérifiez qu’il est constructible, viabilisé ou viabilisable, et consultez l’état des risques de la commune. Dans les lotissements, le règlement et le cahier des charges ajoutent des contraintes.

Le prix du terrain doit intégrer les frais de raccordement, de terrassement et, selon le sol, de fondations adaptées.

Sol

L’étude de sol

Une partie de l’Île-de-France est exposée au retrait gonflement des argiles. Dans les zones d’exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain constructible doit fournir une étude géotechnique préalable, et le constructeur doit tenir compte d’une étude de conception ou appliquer des dispositions constructives adaptées. D’autres secteurs présentent d’anciennes carrières, du gypse ou un risque d’inondation.

Lisez l’étude de sol et vérifiez que le contrat en tient compte : type et profondeur des fondations, drainage, gestion des eaux pluviales.

Famille consultant des plans de maison sur une table

Un plan de maison se lit avec la notice descriptive, qui détaille les prestations comprises.

Constructeur

Choisir le constructeur

Comparez plusieurs constructeurs : références, ancienneté, maisons livrées dans votre secteur, avis de clients, solidité financière. Vérifiez qu’ils proposent un contrat de construction de maison individuelle conforme à la loi, avec garantie de livraison délivrée par un établissement habilité et assurance dommages ouvrage.

Méfiez vous des offres très basses : elles peuvent exclure des prestations indispensables, renvoyées aux travaux réservés par le client.

Contrat

Le contrat de construction

Le contrat de construction de maison individuelle, encadré par le Code de la construction et de l’habitation, comporte des mentions obligatoires : désignation du terrain, plans, notice descriptive, prix global et forfaitaire, délai d’exécution, pénalités de retard, échéancier, garantie de livraison. Le maître d’ouvrage dispose d’un délai de rétractation de dix jours.

La notice descriptive doit distinguer les travaux compris dans le prix et ceux que vous vous réservez, avec leur coût estimé. C’est un point de vigilance majeur.

Paiements

L’échelonnement des paiements

Les paiements sont plafonnés selon l’avancement : 15 % à l’ouverture du chantier, 25 % à l’achèvement des fondations, 40 % à l’achèvement des murs, 60 % à la mise hors d’eau, 75 % à l’achèvement des cloisons et à la mise hors d’air, 95 % à l’achèvement des travaux d’équipement, de plomberie, de menuiserie et de chauffage. Le solde de 5 % est versé à la réception, ou consigné en cas de réserves.

Terrain a batir viabilise en peripherie avec bornes

Un terrain viabilisé en grande couronne : réseaux, accès et sol sont à vérifier.

Permis

Le permis de construire

Le constructeur prépare en général le dossier de permis de construire, mais c’est vous, propriétaire du terrain, qui le déposez. Le contrat peut être conclu sous condition suspensive d’obtention du permis, ainsi que d’obtention du prêt et d’acquisition du terrain. L’instruction prend plusieurs mois, et le permis peut faire l’objet de recours de tiers pendant un délai déterminé après son affichage.

Vérifiez que les plans du permis correspondent à ceux du contrat, et que les prescriptions éventuelles du permis, couleur des enduits, implantation, aménagements, sont intégrées au prix.

Assurances

Les assurances

Le constructeur doit être assuré en responsabilité décennale. Le maître d’ouvrage doit souscrire une assurance dommages ouvrage, que le constructeur propose en général dans le cadre du contrat. Elle préfinance les réparations des dommages de nature décennale, sans attendre la recherche des responsabilités.

Demandez les attestations d’assurance avant la signature, et vérifiez qu’elles couvrent bien l’activité de construction de maisons individuelles.

Délais

Délais et pénalités

Le contrat fixe un délai d’exécution. En cas de retard, des pénalités sont dues, d’un montant au moins égal à un trois millième du prix par jour de retard. La garantie de livraison couvre l’acquéreur contre le risque d’inexécution ou de mauvaise exécution, et prend en charge les pénalités au-delà d’un certain délai.

Suivi

Suivre le chantier à distance

Depuis Paris, impossible de passer chaque semaine sur le chantier. Organisez le suivi : demandez au constructeur le planning et des photos à chaque étape, planifiez des visites aux moments clés, et faites intervenir un expert indépendant lorsque les ouvrages sont visibles, avant qu’ils ne soient recouverts.

Les étapes décisives sont les fondations, le gros œuvre, les cloisons et la chape. Chaque visite d’expert donne lieu à un rapport photographié.

Erreurs

Les erreurs à éviter

Signer sans lire la notice descriptive en détail, accepter une notice qui renvoie trop de travaux au client, payer un appel de fonds sans vérifier l’avancement, ne pas visiter aux étapes clés, réceptionner seul et sans réserves pour emménager vite : ces erreurs se paient pendant des années. Prenez le temps à chaque étape.

Visites

Les visites d’expert

La visite fondations contrôle l’implantation, la profondeur et le ferraillage. La visite gros œuvre vérifie murs, chaînages et planchers. La visite cloisons contrôle isolation et réseaux. La visite chape vérifie les sols avant revêtement.

Réception

La réception

La réception est l’acte par lequel vous acceptez la maison, avec ou sans réserves. Elle déclenche les garanties. Sans professionnel à vos côtés, vous disposez de huit jours pour dénoncer les vices apparents. Une pré réception puis une réception accompagnées sécurisent cette étape.

Travaux réservés

Les travaux réservés

Les travaux que vous vous réservez, peinture, revêtements, cuisine, aménagements extérieurs, ne relèvent pas du constructeur. Leur coût s’ajoute au prix. Planifiez les après la réception et vérifiez leur compatibilité avec l’ouvrage livré.

Budget

Le budget global

Au prix du terrain et de la construction s’ajoutent les frais de notaire sur le terrain, les raccordements, les travaux réservés, les aménagements extérieurs, l’assurance, les éventuelles adaptations liées au sol, et le suivi par un expert. Prévoyez une marge pour les imprévus.

Expert

Le suivi CCMI

Le suivi de construction CCMI vous accompagne de la visite fondations à la réception, avec un rapport à chaque étape.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le CCMI est il obligatoire ?

Pour la construction d’une maison individuelle par un constructeur qui fournit le plan, oui.

Qu’est ce que la garantie de livraison ?

Une garantie qui assure l’achèvement de la maison au prix et dans les délais convenus en cas de défaillance du constructeur.

Combien payer à chaque étape ?

Les paiements sont plafonnés selon l’avancement, de 15 % à l’ouverture à 95 % à l’achèvement des équipements, le solde à la réception.

Faut il une étude de sol ?

Dans les zones argileuses d’exposition moyenne ou forte, une étude préalable est obligatoire lors de la vente du terrain.

Comment suivre un chantier éloigné ?

Par un planning, des photos du constructeur et des visites d’expert aux étapes clés.

Que se passe t il en cas de retard ?

Des pénalités d’au moins un trois millième du prix par jour de retard sont dues.

Combien coûte une visite CCMI ?

À partir de 510 € TTC jusqu’à 75 m², avec 450 € de gestion pour le chantier et 60 € de déplacement.

Qui dépose le permis de construire ?

Le propriétaire du terrain, avec un dossier préparé en général par le constructeur.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L231 1 à L231 13, R231 7 et R231 14, Légifrance
  • Loi n° 2018 1021 du 23 novembre 2018 (ELAN), article 68, Légifrance
  • Géorisques, retrait gonflement des argiles


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