Category

Fissures

"Jauge
Fissures

Témoins et jauges sur une fissure : comment suivre son évolution

Fissures

Témoins et jauges sur une fissure : comment suivre son évolution

Une fissure est apparue et vous voulez savoir si elle bouge encore. La réponse passe par la mesure dans le temps : témoins, jauges, relevés datés. Voici comment suivre l’évolution d’une fissure, ce que les mesures permettent de conclure et quand l’avis d’un expert s’impose.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Une fissure est dite stabilisée lorsque son ouverture ne varie plus au fil des mois, et active lorsqu’elle s’ouvre, se ferme ou s’allonge. Pour le savoir, il faut mesurer à intervalles réguliers avec un fissuromètre, une jauge graduée collée de part et d’autre de la fissure ou un témoin en plâtre. Un suivi de plusieurs semaines à plusieurs mois, couvrant si possible des saisons différentes, permet de distinguer un mouvement saisonnier d’un mouvement continu, et d’orienter le diagnostic.

Pourquoi

Pourquoi suivre une fissure

Une fissure photographiée un jour donné ne dit pas si elle évolue. Or c’est l’évolution qui distingue une fissure ancienne, témoin d’un mouvement terminé, d’une fissure active, signe d’un phénomène en cours. Une fissure de deux millimètres stable depuis des années est moins préoccupante qu’une fissure de quelques dixièmes de millimètre qui double en trois mois.

Le suivi apporte aussi des éléments pour comprendre la cause. Une fissure qui s’ouvre en été et se referme en hiver évoque un phénomène saisonnier, lié à la température ou à l’humidité des sols. Une fissure qui s’ouvre de façon continue évoque un tassement ou une déformation progressive. Ces informations orientent les investigations et les travaux.

Outils

Les outils de mesure

Le fissuromètre est une réglette transparente portant des traits de différentes épaisseurs. On le pose sur la fissure et on repère le trait qui correspond à son ouverture. Il permet une mesure rapide, au dixième de millimètre, mais dépend de la précision de lecture et de l’endroit mesuré. Il faut donc toujours mesurer au même point, repéré au crayon.

La jauge de fissure, ou fissuromètre à lecture directe, est composée de deux plaques fixées de part et d’autre de la fissure et coulissant l’une sur l’autre. Une graduation indique le déplacement relatif des deux lèvres, horizontalement et verticalement. Elle est plus précise et permet de suivre un mouvement dans deux directions. Les témoins en plâtre, plus anciens, consistent en une petite bande de plâtre posée en travers de la fissure : s’il se fend, la fissure a bougé.

Pose

Poser correctement un témoin ou une jauge

La jauge doit être fixée sur un support sain, de part et d’autre de la fissure, à un endroit représentatif : là où la fissure est la plus ouverte, ou à son extrémité si l’on veut suivre son allongement. Chaque jauge est identifiée par un numéro, et sa position est notée sur un plan ou une photo. La date de pose et la valeur initiale sont relevées immédiatement.

Il est utile de poser plusieurs jauges sur une même fissure longue, et sur les différentes fissures d’un même ensemble, pour comprendre le mouvement global. Les jauges ne doivent pas être recouvertes ni déplacées pendant toute la durée du suivi : prévenez les occupants et, en copropriété, le syndic.

Fissuromètre transparent pose sur une fissure de facade

Une jauge graduée mesure le déplacement des deux lèvres d’une fissure dans deux directions.

Fréquence

À quelle fréquence relever les mesures

Les relevés se font à intervalles réguliers : toutes les deux semaines au début, puis tous les mois. La durée du suivi dépend de la situation, mais elle doit couvrir au moins plusieurs mois, idéalement une année complète, pour intégrer les variations saisonnières. Chaque relevé est daté et consigné dans un tableau, avec une photographie de la jauge.

La température peut influencer les mesures : les matériaux se dilatent à la chaleur. Relever les jauges dans des conditions comparables, à la même heure, limite ces biais. Les variations très faibles, de l’ordre de quelques centièmes de millimètre, ne sont pas significatives.

Interpréter

Interpréter les résultats

Une fissure dont l’ouverture reste constante est stabilisée : la cause du mouvement a cessé d’agir. Une fissure qui varie de façon cyclique, s’ouvrant et se refermant selon les saisons, indique un mouvement réversible, lié aux variations d’humidité des sols ou aux dilatations thermiques. Une fissure qui s’ouvre de manière continue signale un mouvement progressif qui doit être traité.

Le sens du mouvement compte aussi. Un déplacement vertical d’une lèvre par rapport à l’autre évoque un tassement. Un écartement horizontal évoque une traction, par exemple une façade qui se décolle d’un mur de refend. L’expert interprète ces données en lien avec l’ensemble des constats.

Cas parisiens

Le suivi dans les immeubles parisiens

Dans un immeuble ancien, le suivi est utile lorsque des fissures apparaissent après des travaux voisins, lorsqu’un plancher semble se déformer, ou lorsque l’immeuble se situe dans un secteur d’anciennes carrières ou de gypse et présente des désordres. Il apporte des données objectives au syndic et au bureau d’études, avant de décider des travaux.

Pour un immeuble entier, le suivi est organisé par la copropriété, qui peut confier la pose et les relevés à un professionnel. Les résultats sont présentés en assemblée générale et permettent de justifier une étude géotechnique ou des travaux de confortement.

Carnet de suivi avec dates et mesures pose a cote d une jauge

Un tableau de relevés datés transforme une impression en donnée objective.

Limites

Ce que le suivi ne dit pas

Le suivi indique si une fissure bouge, et comment. Il ne dit pas pourquoi. Une fissure stable peut tout de même traduire un affaiblissement de structure qui demande un renfort. Une fissure active peut avoir une cause simple, comme une fuite, qu’il suffira de réparer. L’analyse de la cause reste indispensable.

Le suivi ne remplace pas non plus une intervention urgente lorsque des signes de danger apparaissent : affaissement brutal, chute de matériaux, craquements. Dans ce cas, il faut alerter immédiatement le syndic et, si nécessaire, faire évacuer la zone.

Rapport

Utiliser les mesures dans un dossier

Les relevés de jauges, datés et photographiés, constituent des preuves objectives. Ils sont utiles pour une déclaration de sinistre, pour un litige avec un voisin ou une entreprise, ou pour une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle par la commune. Ils documentent l’évolution du phénomène et la date à laquelle il a été constaté.

Conservez le tableau de relevés, les photos et le plan de position des jauges. Transmettez les au syndic et à l’expert chargé d’analyser les désordres.

Avant de reboucher

Ne pas reboucher trop tôt

Une fissure rebouchée avant que sa cause soit identifiée et traitée réapparaîtra. Pire, le rebouchage efface les informations utiles au diagnostic : forme des lèvres, décalage, traces d’humidité. Avant tout travaux de finition, assurez vous que la fissure est stabilisée, par un suivi si nécessaire.

Une fois la cause traitée et la stabilité confirmée, la réparation peut se faire durablement, avec une technique adaptée au support : calfeutrement souple, pontage, reprise d’enduit.

Particulier

Ce que vous pouvez faire vous même

Pour une fissure dans votre logement, vous pouvez commencer par un suivi simple : marquage des extrémités au crayon, mesure au fissuromètre à un point repéré, photo datée avec une règle graduée. Ce suivi léger, réalisé chaque mois, donne déjà une première indication et sera précieux pour l’expert.

Si la fissure évolue, ou si elle concerne un élément porteur ou une façade, faites appel à un professionnel pour poser des jauges et analyser la situation.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures combine l’analyse des fissures, de leur contexte et, si nécessaire, la mise en place d’un suivi. L’expert vous indique la durée et la fréquence adaptées, et interprète les résultats. Nos pages par arrondissement présentent le contexte du sous sol de chaque secteur de Paris.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Combien de temps faut il suivre une fissure ?

Plusieurs mois au minimum, idéalement une année pour intégrer les variations saisonnières.

Un fissuromètre suffit il ?

Il donne une mesure rapide. Une jauge fixée est plus précise et permet de suivre le mouvement dans deux directions.

Une fissure stable est elle sans danger ?

Pas forcément : le mouvement a cessé, mais la structure peut rester affaiblie. L’analyse de la cause reste nécessaire.

Peut on poser une jauge soi même ?

Oui pour un suivi simple. Pour un élément porteur ou une façade, mieux vaut faire appel à un professionnel.

Les mesures servent elles pour l’assurance ?

Oui, elles documentent l’évolution et la date de constatation, utiles pour une déclaration de sinistre.

Faut il reboucher la fissure pendant le suivi ?

Non. Le rebouchage efface les informations et fausse les mesures.

Que signifie une fissure qui s’ouvre l’été ?

Un mouvement saisonnier, lié à la température ou aux variations d’humidité des sols.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Géorisques, retrait gonflement des argiles et mouvements de terrain
  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières


"Cage
Fissures

Escalier d’immeuble ancien qui se fissure : que faut il vérifier ?

Fissures

Escalier d’immeuble ancien qui se fissure : que faut il vérifier ?

Marches qui s’affaissent, limon fissuré, plâtre qui se décolle, garde-corps qui bouge : l’escalier d’un immeuble ancien vieillit et ses désordres inquiètent légitimement les copropriétaires. Comment est construit un escalier parisien, quels signes surveiller et qui doit agir ?

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Dans un immeuble parisien ancien, l’escalier principal est en bois, posé sur des limons et accroché aux murs de la cage. Ses désordres viennent du vieillissement du bois, de l’humidité, des surcharges, et parfois des mouvements de la structure de l’immeuble. Des fissures dans le plâtre du limon ou de la cage peuvent être bénignes, mais un affaissement des marches, un jeu dans le garde-corps ou des fissures qui s’élargissent justifient un examen rapide. L’escalier est une partie commune : c’est le syndicat des copropriétaires qui doit agir.

Construction

Comment est construit un escalier parisien

L’escalier d’un immeuble haussmannien ou faubourien est en règle générale en bois, en chêne pour les marches et les limons. Les marches reposent sur deux limons : le limon de mur, fixé à la maçonnerie de la cage, et le limon à la française ou à l’anglaise, côté jour. Le dessous de l’escalier, appelé sous-face, est revêtu de plâtre sur lattis. Le garde-corps, en fer forgé ou en bois, est fixé aux marches ou au limon.

L’ensemble forme une structure légère et élégante, mais dépendante de la qualité des assemblages et de l’état du bois. Les paliers sont portés par les planchers et les murs de la cage. Dans les immeubles plus modestes, l’escalier peut être plus simple, avec des marches en bois sur une structure également en bois.

Vieillissement

Comment un escalier ancien vieillit

Le bois s’use au passage : les nez de marches se creusent, les assemblages prennent du jeu, les marches grincent. Ces signes sont normaux après plus d’un siècle d’usage et relèvent de l’entretien courant. Le plâtre de la sous-face se fissure avec les vibrations du passage et les légers mouvements de la structure.

Des désordres plus sérieux apparaissent lorsque le bois est attaqué : humidité persistante à proximité d’une fenêtre de cage mal étanche ou d’une canalisation, insectes xylophages, champignons. Le bois perd alors sa résistance, et les marches ou le limon peuvent s’affaisser. La présence de termites est à vérifier selon les secteurs, et les arrêtés préfectoraux définissent les zones concernées.

Signes

Les signes à surveiller

Certains signes doivent alerter les occupants et le conseil syndical : des marches qui s’affaissent ou qui se déforment sous le pied, un limon fissuré ou décollé du mur, un garde-corps qui a du jeu, des fissures qui s’élargissent dans la sous-face ou dans les murs de la cage, du plâtre qui tombe. Une inclinaison visible des paliers ou un décalage entre marches et paliers sont aussi des indices.

Les fissures obliques dans les murs de la cage, sur plusieurs étages, peuvent signaler un mouvement de la structure de l’immeuble et non un problème propre à l’escalier. Dans ce cas, l’analyse doit porter sur l’immeuble entier.

Marches d escalier ancien avec fissures dans le platre du limon

Les fissures du limon et de la sous-face renseignent sur le comportement de l’escalier.

Causes

Les causes possibles des désordres

Les causes sont multiples. L’humidité dégrade le bois aux appuis, notamment au pied de l’escalier, près des caves, ou sous une fenêtre de cage qui laisse entrer l’eau. Les insectes xylophages creusent le bois. Des travaux dans les appartements voisins, ouverture d’un mur de refend sur la cage, création d’une gaine, peuvent affaiblir l’appui du limon de mur.

Les mouvements de l’immeuble se lisent aussi dans l’escalier : un tassement différentiel déforme la cage, et l’escalier, structure souple, en enregistre les effets. Enfin, des surcharges, comme le passage de matériaux lourds lors de chantiers successifs, peuvent accélérer la fatigue de la structure.

Sécurité

Une question de sécurité

L’escalier est la voie d’évacuation de l’immeuble. Un garde-corps défaillant ou une marche affaissée exposent les occupants à des chutes. Le syndicat des copropriétaires est responsable de l’entretien des parties communes et doit prendre les mesures nécessaires lorsqu’un risque est identifié.

En cas de danger immédiat, marche qui cède, garde-corps qui se détache, chute de plâtre importante, le syndic doit être prévenu sans délai. Des mesures provisoires, étaiement, balisage, interdiction d’accès à une portion, peuvent être nécessaires en attendant les travaux.

Un éclairage suffisant de la cage, des nez de marches visibles et une main courante continue participent aussi à la sécurité au quotidien, en particulier pour les occupants âgés.

Diagnostic

Le diagnostic de l’escalier

L’expert examine l’escalier sur toute sa hauteur. Il observe les marches, les limons, les assemblages, les fixations du garde-corps et l’état de la sous-face. Il sonde le bois aux points sensibles, mesure l’humidité aux appuis et recherche les traces d’insectes. Il contrôle la planéité des paliers et relève les fissures de la cage.

Il distingue les désordres d’usure, qui relèvent de l’entretien, des désordres structurels, qui demandent l’intervention d’un charpentier ou d’un bureau d’études. Son rapport hiérarchise les actions et peut servir de base au conseil syndical pour l’assemblée générale.

Expert examinant le mur d une cage d escalier avec une lampe

L’examen de la cage d’escalier fait partie de l’analyse des désordres d’un immeuble ancien.

Travaux

Les travaux possibles

Selon le diagnostic, les travaux vont du simple entretien à la restauration lourde : resserrage des assemblages, remplacement de marches ou de contremarches, traitement du bois contre les insectes, renforcement ou remplacement d’un limon, reprise des scellements du garde-corps, réfection de la sous-face. Ces interventions demandent des entreprises spécialisées dans le bois ancien.

Si la cause est extérieure à l’escalier, humidité, mouvement de structure, elle doit être traitée en priorité. Restaurer un escalier sans résoudre l’infiltration qui dégrade son pied conduit à refaire les mêmes travaux quelques années plus tard.

Copropriété

Le rôle de la copropriété

La cage d’escalier et l’escalier sont des parties communes. Les travaux sont décidés en assemblée générale et financés selon les tantièmes, parfois selon des charges spéciales lorsque le règlement prévoit une répartition par escalier dans les immeubles qui en comptent plusieurs. Le plan pluriannuel de travaux, lorsqu’il existe, peut prévoir la restauration de l’escalier.

Un copropriétaire qui constate un désordre doit le signaler par écrit au syndic, photos à l’appui. Le conseil syndical peut proposer un diagnostic avant de soumettre les travaux au vote.

Achat

Ce que l’acquéreur doit regarder

En visitant un appartement, observez l’escalier et la cage : état des marches, solidité du garde-corps, fissures, traces d’humidité. Un escalier très dégradé annonce des travaux à court terme. Consultez les procès verbaux d’assemblée générale et le plan pluriannuel de travaux pour savoir si une restauration est prévue ou votée.

Le bilan avant achat inclut l’examen des parties communes accessibles, dont la cage d’escalier.

Ascenseur

Escalier et ascenseur

Dans une partie des immeubles anciens, un ascenseur a été installé après coup, dans la cage d’escalier ou dans une gaine créée. Son installation a pu modifier l’appui de l’escalier ou réduire sa largeur. Des fissures autour de la gaine ou aux points de fixation sont à examiner. Le projet d’installation d’un ascenseur doit intégrer une analyse de l’escalier existant.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures permet d’analyser les fissures de la cage et de l’escalier et de distinguer usure, défaut d’entretien et mouvement de structure. L’expert est indépendant du syndic et des entreprises.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Qui paie la réparation de l’escalier ?

L’escalier est une partie commune : le syndicat des copropriétaires, selon la répartition prévue au règlement.

Des marches qui grincent sont elles inquiétantes ?

Non, c’est un signe d’usure normal. Un affaissement ou un jeu important des assemblages l’est davantage.

Un garde-corps qui bouge est il dangereux ?

Oui, il expose à un risque de chute. Le syndic doit être prévenu sans délai.

Les termites concernent ils Paris ?

Des arrêtés préfectoraux définissent les zones concernées. L’état des risques et le diagnostic termites, lorsqu’il est exigé, renseignent sur l’adresse.

Une fissure dans la cage signale t elle un problème de structure ?

Pas forcément. Des fissures obliques sur plusieurs étages méritent toutefois une analyse.

Combien coûte une expertise ?

L’expertise fissures commence à 590 € pour un appartement. Pour une analyse des parties communes, un devis est établi.

Faut il un diagnostic avant de restaurer l’escalier ?

Oui, pour identifier les causes et dimensionner les travaux.

L’installation d’un ascenseur peut elle fragiliser l’escalier ?

Elle peut modifier ses appuis ou sa largeur. Le projet doit intégrer une analyse de l’escalier existant par un bureau d’études.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965 (copropriété), Légifrance
  • Code de la construction et de l’habitation, lutte contre les termites, Légifrance


"Grande
Fissures

Mur porteur supprimé dans un appartement : risques et vérifications

Fissures

Mur porteur supprimé dans un appartement : risques et vérifications

Ouvrir une cuisine sur le séjour, réunir deux pièces, créer une grande pièce de vie : dans un appartement ancien, ces projets peuvent impliquer un mur porteur. Qu’il ait été supprimé hier ou il y a vingt ans, ce type d’intervention mérite d’être vérifié. Voici les risques, les règles et les points à contrôler.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

La suppression ou le percement d’un mur porteur modifie la façon dont la structure reprend les charges. Réalisé sans étude, sans renfort adapté ou sans autorisation de la copropriété, il peut provoquer des fissures, des déformations de planchers et, dans les cas graves, mettre en cause la stabilité de l’immeuble. Dans un appartement que vous achetez ou habitez, il faut vérifier qu’une étude de structure a été faite, qu’un renfort a été posé et que l’assemblée générale a autorisé les travaux.

Définition

Qu’est ce qu’un mur porteur ?

Un mur porteur reprend les charges des planchers, des murs et de la toiture situés au-dessus de lui et les transmet jusqu’aux fondations. Dans un immeuble parisien ancien, les murs porteurs sont les façades et les murs de refend, des murs épais en maçonnerie qui divisent l’immeuble dans sa profondeur. Les cloisons légères en carreaux de plâtre ou en briques posées de chant ne sont en principe pas porteuses.

La distinction n’est pas toujours évidente. Avec le temps, une cloison légère a pu se retrouver chargée par un plancher qui a fléchi, et un mur de refend a pu être aminci ou percé lors de travaux antérieurs. Seul un examen technique, appuyé sur les plans lorsqu’ils existent, permet de conclure.

Mécanisme

Ce qui se passe quand on supprime un appui

Lorsqu’un mur porteur est supprimé ou largement ouvert, les charges qu’il reprenait doivent passer ailleurs. Un renfort est donc indispensable : une poutre, en acier dans bien des cas, posée sur des appuis dimensionnés, qui transmet les efforts aux parties de mur conservées. Cette poutre et ses appuis sont calculés par un bureau d’études structure.

Sans renfort, ou avec un renfort sous-dimensionné, le plancher supérieur fléchit, les murs se fissurent au-dessus de l’ouverture, les portes des étages supérieurs se mettent à frotter. Les désordres peuvent apparaître rapidement ou progressivement, et toucher les logements voisins. Les appuis de la poutre doivent aussi reposer sur une maçonnerie capable de reprendre la charge concentrée.

Autorisations

Une autorisation de la copropriété est nécessaire

Un mur porteur est une partie commune, même s’il se trouve à l’intérieur d’un appartement. Le modifier suppose une autorisation préalable de l’assemblée générale des copropriétaires, votée à la majorité prévue par la loi. La demande est accompagnée d’un dossier technique, établi en principe par un bureau d’études, qui décrit les travaux et le renfort prévu.

Des travaux réalisés sans autorisation exposent le copropriétaire à une demande de remise en état et engagent sa responsabilité en cas de dommages. Pour un acquéreur, découvrir qu’un mur porteur a été supprimé sans autorisation est une mauvaise surprise : la régularisation, si elle est possible, demande une étude et un vote a posteriori.

Poutre metallique de renfort posee au plafond d un appartement en travaux

Une poutre de renfort doit reposer sur des appuis dimensionnés par un bureau d’études.

Étude

Le rôle du bureau d’études

Le bureau d’études structure calcule les charges reprises par le mur, dimensionne le renfort et ses appuis, et précise les conditions de mise en œuvre : étaiement provisoire des planchers, phasage des travaux, traitement des appuis. Il fournit une note de calcul et des plans d’exécution. Son intervention est indispensable dans un immeuble ancien, dont les maçonneries sont hétérogènes.

À l’issue des travaux, il est utile de conserver la note de calcul, les plans et les factures de l’entreprise, ainsi que l’attestation d’assurance décennale de celle-ci. Ces documents prouvent que l’intervention a été menée dans les règles et seront demandés en cas de vente.

Signes

Les signes d’un problème

Plusieurs signes doivent alerter : une fissure horizontale ou oblique au-dessus de l’ouverture, une fissure au plafond le long de la poutre, une flèche visible de la poutre ou du plafond, des fissures aux appuis, des portes qui frottent dans l’appartement du dessus. Un parquet qui s’affaisse au-dessus de l’ancienne position du mur est aussi un indice.

Chez les voisins, des fissures nouvelles dans les plafonds ou les murs de refend après des travaux sont à prendre en compte. Une poutre visible dont les appuis ne reposent que sur quelques centimètres de maçonnerie, ou sur une cloison légère, est un défaut sérieux.

Visite

Ce que l’expert vérifie dans l’appartement

L’expert recherche d’abord si un mur porteur a été modifié : comparaison avec le plan de l’immeuble, épaisseur des murs, alignement avec les murs des étages inférieurs et supérieurs, présence d’une poutre ou d’un soffite. Il contrôle la planéité du plafond et du sol au niveau laser, mesure les fissures et observe les appuis lorsqu’ils sont visibles.

Il demande les documents : autorisation d’assemblée générale, note de calcul, plans, factures, attestations d’assurance. Leur absence est en elle-même une information. Si les constats l’exigent, il recommande l’intervention d’un bureau d’études pour vérifier le dimensionnement.

Expert controlant la planeite d un plafond au niveau laser

La planéité du plafond au droit d’une ouverture révèle le comportement du renfort.

Achat

Acheter un appartement avec un mur porteur supprimé

Les grandes pièces de vie ouvertes sont recherchées, et une partie des appartements anciens a été transformés en ce sens. Avant d’acheter, demandez au vendeur les autorisations et documents techniques. Vérifiez dans les procès verbaux d’assemblée générale que les travaux ont été votés.

Le bilan avant achat permet de vérifier l’état de l’ouvrage et la cohérence des documents. Si l’intervention n’a pas été autorisée ou si des désordres sont visibles, la situation peut peser sur le prix ou sur la décision d’acheter.

Après la vente

Si les désordres apparaissent après l’achat

Si des désordres liés à la suppression d’un mur porteur apparaissent après l’achat, et que le vendeur avait réalisé ou fait réaliser les travaux sans les déclarer, plusieurs fondements peuvent être envisagés : garantie des vices cachés, responsabilité du vendeur qui a réalisé les travaux, garantie décennale de l’entreprise. Le délai pour agir en vices cachés est de deux ans à compter de la découverte.

L’expertise vices cachés établit les faits techniques. Un avocat qualifie ensuite la situation juridique.

Projet

Vous envisagez de supprimer un mur

Si vous souhaitez ouvrir un mur dans votre appartement, la démarche est la suivante : faire vérifier par un professionnel si le mur est porteur, consulter un bureau d’études, déposer une demande d’autorisation auprès du syndic pour inscription à l’ordre du jour, attendre le vote, puis confier les travaux à une entreprise assurée en décennale.

Prévenez les voisins et faites établir un constat de l’état de leurs logements avant le début du chantier. À la fin, une réception de travaux avec un expert permet de vérifier la bonne exécution.

Risques

Les risques à long terme

Un renfort mal conçu ne se manifeste pas toujours immédiatement. La poutre peut fléchir lentement, les appuis se tasser, les maçonneries se fissurer au fil des années. Dans un immeuble ancien, l’accumulation de modifications successives à plusieurs étages peut affaiblir la structure globale. C’est pourquoi la copropriété a intérêt à garder la trace de toutes les interventions sur les murs porteurs.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures permet de diagnostiquer des désordres liés à une modification de structure. L’expert est indépendant et ne réalise pas de travaux : il constate, analyse et vous oriente vers les professionnels compétents.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Comment savoir si un mur est porteur ?

Épaisseur, position dans l’immeuble, alignement avec les étages et plans de l’immeuble donnent des indices. Seul un professionnel peut conclure.

Faut il une autorisation pour supprimer un mur porteur ?

Oui, le mur porteur est une partie commune : une autorisation de l’assemblée générale est nécessaire.

Qui calcule le renfort ?

Un bureau d’études structure, qui fournit une note de calcul et des plans.

Que risque t on sans autorisation ?

Une demande de remise en état et la responsabilité des dommages causés à l’immeuble et aux voisins.

Un mur porteur supprimé est il un vice caché ?

Il peut l’être si les travaux, cachés et antérieurs à la vente, provoquent des désordres graves. L’expertise établit les faits.

Faut il prévenir les voisins ?

Oui, et faire constater l’état de leurs logements avant le chantier pour éviter les contestations.

Combien coûte une expertise fissures ?

À partir de 590 € pour un appartement, frais de déplacement et de gestion compris.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, article 25 b (travaux affectant les parties communes), Légifrance
  • Code civil, articles 1641 et 1792, Légifrance


"Echafaudage
Fissures

Fissures en façade et ravalement obligatoire à Paris

Fissures

Fissures en façade et ravalement obligatoire à Paris

À Paris, chaque immeuble doit faire ravaler ses façades au moins une fois tous les dix ans. C’est aussi le moment où les fissures de façade sont mises à nu, diagnostiquées et réparées. Comment interpréter ces fissures, que doit prévoir le ravalement et que vérifier en tant que copropriétaire ou acquéreur ?

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Les fissures de façade d’un immeuble parisien ont des origines variées : vieillissement des enduits, corrosion des fers de balcons et d’ancrage, mouvements de la structure, infiltrations. Le ravalement, obligatoire à Paris au moins une fois tous les dix ans, est l’occasion de les traiter. Mais un ravalement qui se limite à reboucher et repeindre sans traiter la cause laisse revenir les désordres. Avant le vote des travaux, un diagnostic des fissures permet d’adapter le cahier des charges.

Obligation

Le ravalement obligatoire à Paris

À Paris, les façades des immeubles doivent être tenues en bon état de propreté, et le ravalement doit être réalisé au moins une fois tous les dix ans. La Ville peut adresser une injonction aux propriétaires d’un immeuble dont la façade est dégradée. Pour une copropriété, les travaux sont votés en assemblée générale et financés par les copropriétaires selon les tantièmes.

Le ravalement ne se limite pas au nettoyage. Il comprend le traitement des fissures, la reprise des parties dégradées de la pierre ou de l’enduit, la protection des fers, la vérification des éléments en saillie et, selon les cas, l’isolation thermique par l’extérieur pour les façades qui s’y prêtent. Un projet bien conçu traite les causes des désordres et non leurs seuls effets.

Pierre de taille

Les fissures des façades en pierre

Les façades sur rue des immeubles haussmanniens sont en pierre de taille calcaire. La pierre elle-même se fissure peu, mais les joints s’ouvrent, et les éléments en saillie, corniches, appuis, balcons, souffrent de l’eau. Le principal ennemi est la corrosion des fers : ancrages, agrafes, consoles et garde-corps de balcons. En rouillant, l’acier gonfle et fait éclater la pierre qui l’entoure, ce qui provoque des épaufrures et des fissures caractéristiques.

Ces désordres peuvent devenir dangereux lorsque des fragments se détachent. Ils imposent un traitement spécifique lors du ravalement : dégagement et passivation des fers ou remplacement par de l’acier inoxydable, ragréage ou remplacement des pierres altérées.

Enduits

Les fissures des façades enduites

Les façades sur cour, et les façades sur rue des immeubles plus modestes, sont en moellons ou en pans de bois recouverts d’un enduit. Les enduits anciens, au plâtre et à la chaux, sont souples et respirants. Avec le temps, ils se fissurent, se décollent et laissent l’eau pénétrer. Un enduit au ciment posé lors d’un précédent ravalement peut aggraver la situation en enfermant l’humidité dans la maçonnerie.

Les fissures en faïençage, fines et réparties, relèvent du vieillissement de l’enduit. Les fissures linéaires qui suivent un pan de bois ou une jonction de matériaux traduisent des mouvements différentiels. Les fissures obliques ou verticales continues sur plusieurs étages peuvent révéler un mouvement de la structure et doivent être analysées avant d’être rebouchées.

Detail d une facade en pierre avec epaufrures et fissures

La corrosion des fers fait éclater la pierre autour des appuis et des balcons.

Structure

Quand la fissure révèle un problème de structure

Une fissure de façade n’est pas toujours superficielle. Une fissure qui traverse le mur, visible depuis l’intérieur des appartements, une fissure en escalier dans la maçonnerie, une fissure qui s’élargit d’un ravalement à l’autre signalent un mouvement de la structure : tassement de fondation, défaut de liaison entre la façade et les murs de refend, surcharge ou déformation d’un plancher.

Dans ce cas, le ravalement ne suffit pas. Un diagnostic structurel doit précéder les travaux, et un bureau d’études peut être nécessaire pour concevoir un confortement : agrafage, tirants, reprise en sous œuvre. Reboucher sans traiter la cause conduit à voir la fissure réapparaître quelques années plus tard, ravalement payé.

Diagnostic

Le diagnostic avant le ravalement

Avant de voter un ravalement, la copropriété a intérêt à faire réaliser un diagnostic de façade. L’architecte ou le maître d’œuvre qui conçoit le projet relève l’état de la façade, les fissures, les zones sonnant creux, les fers corrodés, les éléments instables. Ce diagnostic détermine le contenu du cahier des charges et permet de comparer les offres des entreprises sur une base identique.

Un expert en bâtiment indépendant peut intervenir en complément, par exemple pour analyser l’origine de fissures inquiétantes ou pour donner un avis à un copropriétaire ou au conseil syndical sur le projet proposé. Son regard technique aide à poser les bonnes questions avant le vote.

Infiltrations

Fissures de façade et infiltrations

Une fissure de façade laisse entrer l’eau de pluie. Dans les appartements, cela se traduit par des taches d’humidité sous les fenêtres, des peintures qui cloquent sur les murs extérieurs, des moisissures dans les angles. Dans la maçonnerie, l’eau accélère la corrosion des fers et la dégradation des pans de bois.

Lorsque des infiltrations sont constatées, l’expert recherche leur cheminement : fissure de façade, appui de fenêtre défaillant, joint de menuiserie, balcon dont l’étanchéité a vieilli. Il distingue ce qui relève de la façade, partie commune, et ce qui relève de la menuiserie, parfois privative selon le règlement.

Corniche et balcon en fer forge d un immeuble ancien vus de pres

Corniches et balcons concentrent l’eau : ce sont des points sensibles des façades anciennes.

Balcons

Balcons et garde-corps : une vigilance particulière

Les balcons des immeubles parisiens reposent sur des consoles en pierre ou en métal, et leurs garde-corps sont scellés dans la pierre. La corrosion des consoles et des scellements peut fragiliser l’ensemble. Des fissures à la base d’une console, des éclats de pierre autour des scellements ou un garde-corps qui bouge sont des signes à prendre au sérieux.

Ces éléments relèvent en principe des parties communes, même si l’usage du balcon est privatif. Le syndic doit être informé sans délai, et des mesures de sécurité peuvent être nécessaires avant même le ravalement.

Achat

Acheter avant ou après un ravalement

Pour un acquéreur, la date du dernier ravalement et l’état de la façade sont des informations importantes. Un ravalement récent réduit le risque de dépense à court terme. Un ravalement ancien, une façade fissurée ou une injonction de la Ville annoncent une dépense importante, à répartir entre copropriétaires.

Consultez les procès verbaux des dernières assemblées générales : un ravalement voté avant la vente est en principe à la charge du vendeur pour les appels de fonds exigibles avant la signature, mais la répartition peut être négociée. Le bilan avant achat inclut l’examen des façades visibles et la lecture de ces documents.

Copropriétaire

Votre rôle de copropriétaire

Si vous constatez des fissures en façade ou des infiltrations chez vous, signalez les par écrit au syndic avec photos. Demandez que le sujet soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale si aucun ravalement n’est prévu. Lors de la présentation du projet, interrogez le maître d’œuvre sur le traitement des fissures et des fers.

À la fin des travaux, la réception du ravalement est une étape importante, à laquelle le conseil syndical participe. Les réserves doivent être précises pour obtenir la reprise des défauts.

Après

Après le ravalement

Un ravalement bien exécuté protège la façade pour de longues années. Des fissures qui réapparaissent dans les premiers mois signalent un défaut de traitement ou une cause non résolue. Elles peuvent relever de la garantie de parfait achèvement de l’entreprise pendant un an, puis, selon leur nature, de la garantie décennale.

Gardez les documents du ravalement : diagnostic, cahier des charges, procès verbal de réception. Ils seront utiles en cas de désordre ultérieur.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures permet d’analyser l’origine d’une fissure de façade et ses conséquences dans votre logement. Si des infiltrations accompagnent les fissures, l’expertise humidité identifie leur cheminement. L’expert est indépendant de l’architecte, du syndic et des entreprises.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le ravalement est il obligatoire à Paris ?

Oui, au moins une fois tous les dix ans. La Ville peut adresser une injonction en cas de façade dégradée.

Qui paie le ravalement ?

Les copropriétaires, selon les tantièmes définis par le règlement de copropriété, après vote en assemblée générale.

Une fissure de façade est elle grave ?

Cela dépend de sa nature. Une fissure d’enduit est superficielle. Une fissure traversante ou qui s’élargit peut révéler un problème de structure.

Les balcons sont ils des parties communes ?

Les éléments structurels et les garde-corps sont en principe des parties communes, même si l’usage du balcon est privatif.

Peut on isoler par l’extérieur une façade haussmannienne ?

La façade en pierre de taille sur rue s’y prête mal et est soumise à des règles d’urbanisme. Certaines façades sur cour peuvent être isolées.

Faut il un diagnostic avant le ravalement ?

Il est vivement conseillé : il détermine le contenu des travaux et permet de comparer les offres.

Les fissures peuvent elles réapparaître après un ravalement ?

Oui si leur cause n’a pas été traitée. Elles peuvent alors relever des garanties de l’entreprise.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, obligation de ravalement des façades, Légifrance
  • Ville de Paris, ravalement des façades
  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965 (copropriété), Légifrance


"Chantier
Fissures

Fissures après les travaux d’un voisin : que faire à Paris ?

Fissures

Fissures après les travaux d’un voisin : que faire à Paris ?

Votre voisin rénove son appartement, et des fissures apparaissent chez vous : au plafond, le long d’une cloison, autour d’une porte. Comment établir le lien, à qui s’adresser et comment obtenir réparation ? Voici la démarche à suivre dans un immeuble parisien.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Des travaux chez un voisin peuvent fissurer un logement par les vibrations, la suppression ou le percement d’un élément porteur, ou une surcharge sur un plancher ancien. Pour obtenir réparation, il faut établir l’état avant et après, et le lien technique entre les travaux et les fissures. Photographiez et datez les fissures dès leur apparition, informez le voisin et le syndic par écrit, et faites constater les désordres par un expert pendant que le chantier est en cours ou juste après.

Mécanismes

Comment des travaux voisins fissurent un logement

Dans un immeuble ancien, les appartements sont liés par la structure : murs de refend communs, planchers continus, cloisons appuyées sur les planchers. Des travaux chez un voisin se transmettent donc chez vous. Les vibrations des marteaux piqueurs, des perforateurs et des démolitions font travailler les plâtres anciens et peuvent ouvrir des fissures existantes ou en créer de nouvelles.

D’autres interventions agissent sur la structure elle-même. La suppression d’une cloison qui jouait un rôle d’appui, l’ouverture d’une baie dans un mur de refend, la création d’une trémie pour un escalier ou une surcharge importante modifient la répartition des efforts. Le plancher ou le mur réagit, et les désordres apparaissent dans les logements voisins, au-dessus comme en dessous.

Signes

Les fissures typiques après des travaux

Les fissures liées à des vibrations sont fines, multiples, réparties sur les plafonds et les murs proches du chantier. Elles apparaissent pendant la phase de démolition et se stabilisent ensuite. Les fissures liées à une modification de structure sont plus nettes : fissure oblique au-dessus d’une porte, fissure le long d’un plafond parallèle à un mur, décollement d’une corniche, porte qui se met à frotter.

Le calendrier est un indice essentiel. Une fissure apparue dans les jours qui suivent une démolition chez le voisin du dessus a de fortes chances d’y être liée. Une fissure ancienne qui s’élargit pendant les travaux aussi. D’où l’importance de dater précisément chaque constat.

Réflexes

Les premiers réflexes

Dès que vous constatez une fissure, photographiez la avec un repère de taille, notez la date et l’heure, et marquez ses extrémités au crayon. Si vous savez que des travaux vont commencer, photographiez à l’avance vos plafonds et murs : ces images serviront de référence. Conservez tout échange avec le voisin ou l’entreprise.

Informez le voisin par écrit, de façon factuelle et courtoise, en joignant vos photos. Informez également le syndic, surtout si les travaux touchent des parties communes ou des éléments porteurs. Le syndic peut vérifier si les travaux ont été autorisés par l’assemblée générale lorsqu’une autorisation était nécessaire.

Mur interieur avec fissure recente et repere au crayon date

Des repères datés au crayon permettent de suivre l’évolution d’une fissure apparue pendant un chantier voisin.

Autorisations

Les travaux étaient-ils autorisés ?

Dans une copropriété, certains travaux privatifs nécessitent l’autorisation préalable de l’assemblée générale : ceux qui affectent les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. L’ouverture d’un mur porteur, même situé dans un appartement, touche une partie commune. Elle suppose une autorisation et, en pratique, une étude de structure par un bureau d’études.

Si les travaux n’ont pas été autorisés, le syndicat des copropriétaires peut exiger une remise en état. Si les travaux ont été autorisés, le voisin reste responsable des dommages causés aux autres copropriétaires. Dans les deux cas, la question de la réparation de vos fissures se pose.

Constat

Faire constater les dommages

Pour obtenir réparation, il faut établir trois éléments : l’existence des dommages, leur apparition pendant ou après les travaux, et le lien technique entre les deux. Des photos datées sont utiles, mais elles ne suffisent pas toujours. Un constat technique par un expert en bâtiment apporte une analyse : nature des fissures, mécanisme probable, cohérence avec les travaux réalisés.

L’expert examine votre logement, mesure les fissures et les déformations, et, si l’accès est possible, observe le chantier ou l’appartement voisin. Il compare l’état actuel avec les photos antérieures que vous lui fournissez. Son rapport décrit les désordres, leur cause probable et la nature des réparations à prévoir.

Assurances

Le rôle des assurances

Le voisin qui fait réaliser des travaux engage sa responsabilité civile pour les dommages causés aux tiers. L’entreprise engage aussi sa responsabilité professionnelle. Selon la nature des travaux, l’assurance décennale de l’entreprise peut être concernée pour les désordres affectant la solidité de l’ouvrage. Votre propre assureur habitation peut également intervenir, puis exercer un recours.

Déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais prévus par votre contrat, en joignant le rapport d’expertise et les photos. Le rapport facilite l’instruction et le recours contre le responsable.

Expert photographiant une fissure avec une regle graduee

Des photos avec une règle graduée documentent l’état avant et après les travaux.

Prévenir

Prévenir avant le début du chantier

Si vous êtes informé de travaux importants chez un voisin, vous pouvez demander qu’un état des lieux soit établi avant le début du chantier, de façon contradictoire. Ce document, appelé parfois référé préventif lorsqu’il est ordonné par un juge pour les gros chantiers, fige l’état des logements voisins et évite les contestations ultérieures.

À l’échelle d’un chantier privatif, un constat amiable avant travaux, photographies à l’appui et signé par les deux voisins, offre déjà une bonne protection. L’expert peut réaliser ce constat préalable, puis un second constat à la fin des travaux.

Immeuble ancien

Pourquoi l’ancien parisien est sensible

Les immeubles parisiens anciens n’ont pas été conçus pour les outils d’aujourd’hui. Leurs plafonds en plâtre sur lattis, leurs planchers en bois et leurs cloisons en carreaux de plâtre supportent mal les vibrations prolongées d’un marteau piqueur ou d’une rainureuse. Leurs murs de refend, épais mais hétérogènes, transmettent les chocs d’un appartement à l’autre.

Les entreprises sérieuses adaptent leurs méthodes : découpe plutôt que démolition au marteau, étaiement avant toute ouverture, protection des parties communes. Avant de confier des travaux, demandez comment l’entreprise prévoit de limiter les vibrations et de protéger les voisins.

Amiable

Rechercher une solution amiable

Une situation se règle plus facilement à l’amiable lorsque les faits sont clairement établis. Un rapport d’expertise factuel, transmis au voisin et à son assureur, permet d’engager la discussion sur une base objective : réparation des fissures par l’entreprise du chantier, indemnisation, ou prise en charge par l’assureur.

Si le désaccord persiste, une expertise amiable contradictoire peut réunir les parties et leurs assureurs. En dernier recours, une procédure judiciaire est possible, avec l’appui d’un avocat. Le rapport initial restera une pièce importante du dossier.

Gravité

Quand la situation devient sérieuse

Certaines situations dépassent la simple fissure d’enduit : plancher qui s’affaisse, porte qui ne ferme plus, fissure qui s’ouvre de jour en jour, chute de plâtre. Elles peuvent indiquer qu’un élément porteur a été affaibli. Dans ce cas, prévenez immédiatement le syndic, qui peut faire intervenir un bureau d’études et, si nécessaire, demander l’arrêt du chantier.

La sécurité des occupants prime. N’attendez pas la fin des travaux pour signaler ce type de désordre.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures établit l’origine des désordres et le lien avec les travaux. L’expert est indépendant : il n’est ni l’expert de l’assureur, ni celui de l’entreprise. Son rapport vous sert à dialoguer avec le voisin, le syndic et les assureurs.

Si vous êtes vous-même sur le point de lancer des travaux, la réception de travaux permet de contrôler le chantier à son terme, et nos pages par arrondissement présentent le contexte du bâti de chaque secteur.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Mon voisin est il responsable des fissures ?

Il engage sa responsabilité pour les dommages causés par ses travaux, à condition d’établir le lien technique entre les travaux et les fissures.

Comment prouver que la fissure est récente ?

Photos datées, échanges écrits, témoignages et constat technique. Des photos prises avant le chantier sont la meilleure preuve.

Faut il prévenir le syndic ?

Oui, surtout si des éléments porteurs ou des parties communes sont concernés.

Mon assurance habitation peut elle intervenir ?

Oui selon votre contrat. Elle peut ensuite exercer un recours contre le responsable.

Peut on faire constater l’état avant travaux ?

Oui, par un constat amiable contradictoire ou, pour les gros chantiers, un référé préventif ordonné par un juge.

Combien coûte une expertise fissures ?

À partir de 590 € pour un appartement, frais de déplacement et de gestion compris.

Les vibrations seules peuvent elles fissurer un plafond ?

Oui, dans un immeuble ancien aux plafonds en plâtre, des vibrations prolongées peuvent ouvrir des fissures, surtout si le plâtre était déjà fragilisé.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, article 25 (autorisation des travaux), Légifrance
  • Code civil, article 1240 (responsabilité), Légifrance
  • Code de procédure civile, article 145 (mesures d’instruction), Légifrance


"Plafond
Fissures

Fissure au plafond d’un appartement ancien : causes et bons réflexes

Fissures

Fissure au plafond d’un appartement ancien : causes et bons réflexes

Une fissure apparaît au plafond de votre séjour ou de votre chambre, dans un appartement ancien. Faut-il s’inquiéter, reboucher, prévenir le syndic ? Voici comment lire une fissure de plafond, les causes possibles et les bons réflexes avant l’intervention d’un expert.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Au plafond d’un appartement ancien, une fissure fine, ramifiée et stable vient en principe du retrait du plâtre ou de légers mouvements du support : elle est esthétique. Une fissure rectiligne qui suit les solives, qui s’élargit, s’accompagne d’une flèche visible ou se trouve sous une pièce d’eau peut révéler un plancher affaibli, une fuite ou une poutrelle corrodée. Dans ce cas, un diagnostic s’impose avant toute réparation.

Le plafond ancien

Comment est fait un plafond ancien

Dans les immeubles parisiens antérieurs aux années 1930, les plafonds sont en plâtre. Sous un plancher en bois, le plâtre est appliqué sur un lattis cloué aux solives. Sous un plancher à poutrelles métalliques, il est accroché à un remplissage de plâtre et de matériaux légers entre les poutrelles, appelé hourdis. Corniches, moulures et rosaces sont façonnées en plâtre et fixées au support.

Ce type de plafond est souple et léger, mais il vieillit. Le plâtre se fissure lorsque son support bouge, les lattis se détendent ou se dégradent à l’humidité, les clous rouillent. Une fissure au plafond est donc avant tout un indice de ce qui se passe au-dessus, dans le plancher, ou dans la pièce de l’étage supérieur.

Lire la fissure

Les formes de fissures et ce qu’elles signifient

Les fissures fines, irrégulières et ramifiées, en toile d’araignée, proviennent du retrait du plâtre ou d’une couche de peinture épaisse. Elles n’ont pas de signification structurelle. Les fissures rectilignes et parallèles, espacées de quelques dizaines de centimètres, suivent l’entraxe des solives ou des poutrelles : elles signalent une flexion du plancher ou un décollement du plâtre de son support.

Une fissure le long d’une corniche, à la jonction avec le mur, traduit un mouvement différentiel entre le plancher et la maçonnerie. Une fissure en arc, accompagnée d’un bombement, peut annoncer un décollement du plâtre et un risque de chute. Une fissure bordée de taches brunes ou de boursouflures évoque une humidité active ou ancienne.

Causes

Les causes les plus courantes

La flexion du plancher est la cause la plus courante dans l’ancien : après un siècle de charges, un plancher bois prend de la flèche, et le plafond suit. Les vibrations jouent aussi : trafic, chantier voisin, travaux à l’étage. Les surcharges récentes, baignoire en fonte, cuisine équipée lourde, carrelage posé sur une chape, peuvent accentuer la déformation.

L’eau est la seconde grande cause. Une fuite à l’étage supérieur, même ancienne et réparée, a pu détendre le lattis, rouiller les clous et dégrader les solives à leur appui. Sous un plancher métallique, l’humidité fait rouiller les poutrelles, qui gonflent et font éclater le plâtre en lignes droites. Les fissures de ce type ne se règlent pas par un simple rebouchage.

Expert sur un escabeau examinant un plafond fissure avec une lampe

Un plafond ancien en plâtre réagit aux mouvements du plancher qui le porte.

Pièces d’eau

Une fissure sous une salle de bains

Une fissure au plafond située sous une salle de bains, une cuisine ou des toilettes de l’étage supérieur mérite une attention particulière. Elle peut révéler une fuite active, un défaut d’étanchéité autour d’une douche ou d’une baignoire, ou les séquelles d’un dégât des eaux ancien. Les traces d’humidité, auréoles, peinture qui cloque, plâtre friable, confirment cette hypothèse.

Dans ce cas, prévenez le voisin du dessus et le syndic, et faites rechercher la fuite. Le constat amiable de dégât des eaux et la convention d’indemnisation entre assureurs s’appliquent si une fuite est établie. L’expert mesure l’humidité au plafond et vérifie l’état du plancher pour évaluer les conséquences sur la structure.

Danger

Quand faut-il s’inquiéter ?

Certains signes justifient une réaction rapide : un bombement du plafond, un plâtre qui sonne creux sur une grande surface, des fragments qui tombent, une fissure qui s’élargit en quelques jours, un craquement inhabituel. Dans ces situations, éloignez vous de la zone, ne stockez rien en dessous et prévenez immédiatement le syndic.

Hors de ces cas, une fissure de plafond n’est pas une urgence, mais elle doit être suivie. Une fissure qui reste identique pendant plusieurs mois est probablement stabilisée. Une fissure qui progresse indique un phénomène actif, dont la cause doit être trouvée.

Achat

Fissures au plafond lors d’une visite

Lors de la visite d’un appartement à acheter, levez les yeux. Des fissures parallèles au plafond, une corniche décollée, une auréole sous la salle de bains de l’étage supérieur ou une peinture visiblement récente sur une seule partie du plafond sont des indices à noter. Demandez au vendeur si des dégâts des eaux ont eu lieu et consultez les procès verbaux d’assemblée générale, qui mentionnent parfois des désordres de planchers.

Un plafond fraîchement repeint n’est pas suspect en soi, mais il empêche de voir l’état réel. L’expert, lors d’un bilan avant achat, mesure l’humidité et contrôle la planéité, ce qui permet de détecter un désordre masqué.

Tache d humidite ancienne autour d une fissure au plafond sous une salle de bains

Une auréole autour d’une fissure signale une humidité ancienne ou active.

Suivre

Suivre l’évolution d’une fissure

Photographiez la fissure avec une règle graduée ou une pièce de monnaie comme repère, et notez la date. Tracez au crayon un petit trait à chaque extrémité : si la fissure dépasse ces repères quelques semaines plus tard, elle s’allonge. Pour mesurer son ouverture, un fissuromètre transparent, une simple réglette graduée, suffit.

Pour un suivi plus rigoureux, des jauges ou témoins peuvent être posés de part et d’autre de la fissure. Relevés à intervalles réguliers, ils indiquent si la fissure s’ouvre, se ferme ou reste stable. L’expert peut recommander ce suivi lorsque l’évolution est incertaine.

Responsabilités

Plafond, plancher : qui est responsable ?

Dans un immeuble en copropriété, le plancher entre deux appartements est en principe une partie commune, sauf disposition contraire du règlement. Le plâtre du plafond, comme revêtement, peut être considéré comme privatif. Une fissure due à une flexion du plancher relève donc du syndicat des copropriétaires, tandis qu’une fissure d’enduit relève de vous.

Si la fissure est causée par une fuite chez le voisin du dessus, c’est son assureur qui intervient. Si elle fait suite à des travaux, la responsabilité de l’entreprise ou du copropriétaire qui les a commandés peut être recherchée. Le rapport d’expertise établit la cause et oriente vers le bon interlocuteur.

Réparer

Réparer correctement une fissure de plafond

Une fissure esthétique stabilisée se traite par ouverture, pose d’une bande ou d’un calicot, enduit et peinture. Reboucher sans traiter la cause conduit à voir la fissure réapparaître. Pour un plafond ancien décollé de son lattis, la reprise peut nécessiter un renforcement par vis et rondelles ou une dépose partielle.

Si le plancher est en cause, la réparation relève d’un bureau d’études et d’une entreprise spécialisée : renforcement des solives, traitement des poutrelles corrodées, reprise des appuis. Ces travaux se décident en assemblée générale lorsqu’ils touchent une partie commune.

Expertise

Faire appel à un expert

L’expertise fissures permet d’identifier la cause, d’évaluer la gravité et de déterminer qui doit agir. L’expert mesure la fissure, contrôle la flèche du plafond au niveau laser, mesure l’humidité et examine, si possible, l’appartement du dessus et les parties communes. Si l’humidité est en cause, une expertise humidité peut compléter le diagnostic.

Avant un achat, le bilan avant achat inclut l’examen des plafonds et des planchers.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Une fissure au plafond est elle dangereuse ?

Rarement. Elle devient préoccupante si elle s’élargit, s’accompagne d’un bombement, d’un plâtre qui sonne creux ou de chutes de fragments.

Puis je reboucher moi même ?

Oui pour une fissure esthétique stabilisée. Sinon, elle réapparaîtra tant que la cause n’est pas traitée.

Qui paie si la fissure vient du plancher ?

Le plancher est en principe une partie commune : le syndicat des copropriétaires.

La fissure est apparue après des travaux chez le voisin, que faire ?

Photographiez et datez, informez le voisin et le syndic, et faites établir le lien technique par une expertise.

Combien coûte une expertise fissures ?

À partir de 590 € pour un appartement, frais de déplacement et de gestion compris.

Faut il poser des témoins ?

Lorsque l’évolution est incertaine, oui : ils indiquent si la fissure est active ou stabilisée.

Les fissures en toile d’araignée sont elles graves ?

Non, elles proviennent du retrait du plâtre ou de la peinture et n’ont pas de signification structurelle.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965 (copropriété), Légifrance
  • Convention d’indemnisation et de recours des sinistres immeuble (IRSI), France Assureurs


"Rue
Fissures

Dissolution du gypse dans le nord de Paris : comprendre le risque

Fissures

Dissolution du gypse dans le nord de Paris : comprendre le risque

Dans une partie du nord de Paris, une roche présente dans le sous sol, le gypse, peut se dissoudre au contact de l’eau. Ce phénomène discret explique certains affaissements et certaines fissures. Comment fonctionne-t-il, quels secteurs sont concernés et que faire si votre immeuble montre des signes de mouvement ?

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Le gypse est une roche soluble : des circulations d’eau souterraine peuvent y créer progressivement des vides, qui provoquent des affaissements localisés en surface. Une partie du nord de Paris est concernée par ce risque, pris en compte par la Ville de Paris et son Inspection générale des carrières lors de l’instruction des permis de construire. Pour un occupant, les signes d’alerte sont des fissures évolutives sur plusieurs niveaux, des déformations des baies et des affaissements de sol dans la cour ou la cave.

La roche

Qu’est ce que le gypse ?

Le gypse est un sulfate de calcium hydraté. Chauffé puis broyé, il donne le plâtre, et Paris en a tiré pendant des siècles le célèbre plâtre de Paris. Les buttes du nord et de l’est de la capitale, Montmartre, Belleville, Ménilmontant, les Buttes Chaumont, ont été exploitées en carrières, à ciel ouvert puis en galeries.

Au-delà des anciennes exploitations, le gypse est présent en profondeur sous une partie du nord de Paris, dans des couches géologiques qui n’ont jamais été exploitées. C’est ce gypse en place, et non seulement les anciennes carrières, qui peut poser problème lorsqu’il est mis en contact avec de l’eau qui circule.

Le nom du quartier des Grandes Carrières, dans le 18e arrondissement, rappelle encore cette activité.

Le mécanisme

Comment le gypse se dissout

Le gypse est bien plus soluble que le calcaire. Lorsqu’une eau souterraine non saturée circule à son contact, elle en dissout une partie et l’emporte. Le phénomène est lent, mais il peut créer avec le temps des cavités dans la masse rocheuse. Les terrains situés au-dessus perdent alors leur appui et se tassent, ce qui peut se traduire en surface par un affaissement progressif ou, plus rarement, par un effondrement localisé.

Plusieurs facteurs favorisent cette dissolution : les variations du niveau des nappes, les pompages, les fuites de réseaux d’eau ou d’assainissement qui injectent de l’eau en profondeur, et les travaux souterrains qui modifient les écoulements. C’est pourquoi la surveillance des réseaux et la maîtrise des eaux sont des enjeux importants dans les secteurs concernés.

Secteurs

Quels secteurs de Paris sont concernés ?

Le risque lié à la dissolution du gypse concerne une partie du nord de Paris. Des secteurs des 8e, 9e, 10e, 17e, 18e et 19e arrondissements se situent dans les zones où le gypse est présent en profondeur. Les services de la Ville de Paris en tiennent compte lors de l’instruction des permis de construire, et peuvent demander des investigations ou des dispositions constructives particulières.

Comme pour les anciennes carrières, les contours sont précis et se consultent à l’adresse. L’état des risques, annexé à toute vente ou location, indique si un bien se situe dans un secteur concerné. Il ne dit pas si l’immeuble est atteint : il signale une exposition, que l’examen du bâtiment permet de qualifier.

Bloc de gypse et echantillons de roche poses sur une table de bureau d etudes

Dans les rues du nord de Paris, le relief témoigne d’un sous sol où le gypse est présent.

Signes

Les signes d’alerte dans un immeuble

Un affaissement lié au gypse affecte le bâtiment dans son ensemble. Les fissures apparaissent en escalier dans les maçonneries, sur plusieurs niveaux, en façade et dans la cage d’escalier. Les baies se déforment : fenêtres et portes qui coincent, linteaux fissurés, menuiseries qui se décalent. Le sol de la cour ou de la cave peut présenter des affaissements, et les canalisations enterrées peuvent se rompre.

Ces signes se distinguent des désordres courants des immeubles anciens par leur extension et leur évolution. Une fissure isolée au plafond d’un appartement n’est pas un indice de dissolution du gypse. Une série de fissures obliques qui s’ouvrent au fil des mois sur une même partie de l’immeuble en est un.

Rôle de l’eau

Pourquoi les fuites comptent autant

Dans un secteur gypseux, l’eau est le facteur déclenchant. Une canalisation enterrée qui fuit pendant des années, un collecteur d’eaux pluviales fissuré, un regard non étanche peuvent injecter de l’eau dans le sol et accélérer la dissolution. La surveillance des réseaux de l’immeuble prend donc une importance particulière.

Lors d’une expertise, la recherche de fuites et d’infiltrations fait partie des points examinés : traces d’humidité en cave, affaissements autour des regards, consommations d’eau anormales signalées par le syndic. Corriger une fuite est une mesure simple qui peut limiter l’aggravation d’un phénomène beaucoup plus coûteux à traiter.

Diagnostic

Comment l’expert procède

L’expert relève et cartographie les fissures de l’appartement et des parties communes accessibles, mesure leur ouverture, contrôle les déformations au niveau laser et observe les baies et les menuiseries. Il examine la cave et la cour lorsque l’accès est possible, à la recherche d’affaissements, de traces d’eau ou de canalisations endommagées. Il consulte l’état des risques de l’adresse.

Si ses constats évoquent un mouvement d’ensemble, il recommande la pose de témoins pour mesurer l’évolution, la recherche de fuites sur les réseaux enterrés et une étude géotechnique à l’échelle de l’immeuble. Ces investigations relèvent du syndicat des copropriétaires. Le rapport d’expertise sert à motiver leur inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale.

Porte interieure deformee qui frotte sur un parquet ancien

Une porte qui se met à frotter peut signaler une déformation du plancher ou de la baie.

Construire

Travaux et constructions en secteur gypseux

Dans les secteurs concernés, les projets de construction, de surélévation ou de travaux touchant aux fondations font l’objet d’une attention particulière lors de l’instruction des autorisations d’urbanisme. Des études de sol, des injections de comblement ou des fondations adaptées peuvent être exigées. Pour une copropriété, un projet de surélévation ou de création de niveaux en sous sol doit intégrer ce contexte dès sa conception.

Pour des travaux intérieurs courants, rénovation d’appartement, salle de bains, cuisine, le risque n’impose pas de démarche spécifique. En revanche, toute intervention sur les réseaux enterrés, les caves ou les fondations mérite d’être confiée à des entreprises informées du contexte, avec une attention particulière à l’étanchéité des canalisations.

Copropriété

Une question de copropriété

Les fondations, les murs porteurs et les réseaux communs relèvent du syndicat des copropriétaires. Face à un risque lié au sol, les décisions se prennent en assemblée générale : études, surveillance, travaux de confortement. Un copropriétaire qui constate des désordres doit en informer le syndic par écrit, en joignant photos et constats datés.

Le conseil syndical peut proposer la mise en place d’un suivi des fissures par témoins, qui fournit des données objectives. Si des travaux de confortement sont nécessaires, ils seront conçus par un bureau d’études spécialisé et, dans les secteurs concernés, en lien avec les services compétents de la Ville de Paris.

Achat

Acheter dans un secteur gypseux

Un logement situé dans un secteur concerné par la dissolution du gypse n’est pas pour autant à éviter. L’acquéreur doit vérifier l’état de l’immeuble, la présence ou non de désordres évolutifs, les investigations ou travaux déjà réalisés et les décisions d’assemblée générale sur le sujet. Les procès verbaux des trois dernières années sont une source précieuse.

Le bilan avant achat permet de croiser ces informations avec l’examen du bâtiment. Pour un diagnostic ciblé sur des fissures existantes, l’expertise fissures à Paris est la mission adaptée.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le gypse est il dangereux ?

Le gypse en place n’est pas dangereux en soi. C’est sa dissolution par des circulations d’eau qui peut créer des vides et provoquer des affaissements.

Mon immeuble est il dans une zone de gypse ?

L’état des risques de l’adresse le précise. Les services de la Ville de Paris, dont l’Inspection générale des carrières, sont compétents.

Une fuite peut elle aggraver le phénomène ?

Oui. Une fuite enterrée apporte de l’eau en profondeur et peut accélérer la dissolution. La recherche de fuites est une mesure prioritaire.

Qui paie les études de sol ?

Pour l’immeuble, le syndicat des copropriétaires, après décision de l’assemblée générale.

Les affaissements sont ils courants ?

Ils restent rares, mais leurs conséquences sont importantes, ce qui justifie la vigilance dans les secteurs concernés.

Que faire si des fissures évoluent ?

Informez le syndic par écrit, faites poser des témoins et demandez une expertise pour orienter les investigations.

Le gypse concerne t il tout le nord de Paris ?

Non, seulement certains secteurs, dont le contour se consulte à l’adresse dans l’état des risques.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières
  • Géorisques, état des risques par adresse
  • BRGM, dissolution du gypse en Île-de-France


"Galerie
Fissures

Anciennes carrières de Paris : quel lien avec les fissures de votre immeuble ?

Fissures

Anciennes carrières de Paris : quel lien avec les fissures de votre immeuble ?

Sous une partie de Paris s’étendent des kilomètres de galeries creusées pour extraire la pierre et le gypse qui ont bâti la ville. Ces anciennes carrières peuvent-elles fissurer votre immeuble ? Voici ce qu’il faut savoir, et comment vérifier la situation de votre adresse.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Les anciennes carrières souterraines de Paris concernent surtout le calcaire de la rive gauche et le gypse du nord et de l’est. Elles sont recensées et surveillées par l’Inspection générale des carrières de la Ville de Paris, et une grande partie a été consolidée. Une fissure n’est liée aux carrières que si elle présente les signes d’un mouvement d’ensemble : désordres sur plusieurs niveaux, en façade et dans les parties communes. L’état des risques de l’adresse indique si l’immeuble est situé dans un périmètre concerné.

Histoire

Une ville bâtie sur ses carrières

Pendant des siècles, Paris a extrait de son propre sous sol les matériaux de sa construction. Le calcaire grossier, la pierre de taille des façades, a été exploité en galeries souterraines sous la rive gauche. Le gypse, transformé en plâtre de Paris, a été extrait sur les buttes du nord et de l’est, à Montmartre, aux Buttes Chaumont, à Belleville et Ménilmontant.

À la fin du XVIIIe siècle, plusieurs effondrements spectaculaires ont conduit à la création d’un service chargé de recenser et de consolider ces vides : l’actuelle Inspection générale des carrières. Une partie des galeries a été comblée, d’autres ont été consolidées par des piliers maçonnés, et certaines abritent aujourd’hui l’ossuaire des catacombes, sous le 14e arrondissement.

Où

Quels secteurs sont concernés

Les anciennes carrières de calcaire concernent notamment des secteurs des 5e, 6e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements : Montagne Sainte Geneviève, Val de Grâce, Luxembourg, Butte aux Cailles, Montsouris, Vaugirard, Passy et Chaillot. Les anciennes exploitations de gypse se trouvent au nord et à l’est, dans les 18e, 19e et 20e arrondissements. Le parc des Buttes Chaumont occupe d’ailleurs l’emplacement d’une ancienne carrière de gypse.

Ces périmètres ne couvrent pas des arrondissements entiers : leur contour est précis et se consulte à l’adresse. Un immeuble peut se trouver hors de tout périmètre alors que l’immeuble voisin y est inclus. C’est pourquoi l’état des risques, établi pour chaque adresse, est la première source à consulter.

Risque

Comment une carrière peut provoquer des désordres

Une galerie ancienne peut se dégrader avec le temps : le toit de la galerie s’effrite, des blocs tombent, une cloche de vide remonte progressivement vers la surface. Si elle atteint les terrains proches des fondations, elle provoque un tassement localisé, voire un effondrement appelé fontis. Les circulations d’eau, fuites de réseaux ou infiltrations, accélèrent ce processus.

À l’échelle d’un immeuble, ce phénomène se traduit par des tassements différentiels : une partie du bâtiment descend plus que l’autre. Les fissures apparaissent alors en escalier dans les maçonneries, en façade et dans la cage d’escalier, et s’accompagnent de déformations des baies et de portes qui coincent. Ces signes restent rares, car les secteurs sensibles ont été largement consolidés, mais ils doivent être pris au sérieux.

Immeuble parisien ancien vu de la rue avec une fissure en facade

Les fissures liées au sol touchent plusieurs niveaux et se voient en façade comme dans les parties communes.

IGC

Le rôle de l’Inspection générale des carrières

L’Inspection générale des carrières est un service de la Ville de Paris. Elle cartographie les anciennes carrières, surveille leur état, réalise ou contrôle les travaux de consolidation et donne un avis sur les projets de construction situés dans les périmètres de risque. Pour un permis de construire ou des travaux touchant aux fondations dans ces zones, son avis est requis.

Pour un particulier, elle est la référence pour savoir si une adresse se trouve au-dessus d’anciennes carrières et si des consolidations y ont été réalisées. Le syndic de copropriété peut la solliciter lorsque des désordres laissent craindre un lien avec le sous sol. L’expert en bâtiment vous oriente vers cette démarche lorsque ses constats le justifient.

Assurance

Carrières, assurance et catastrophe naturelle

Un affaissement lié à une ancienne carrière peut relever de la garantie catastrophe naturelle du contrat d’assurance habitation, à condition qu’un arrêté reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour la commune et la période concernée. La base Géorisques recense pour Paris une reconnaissance pour mouvement de terrain en décembre 1999. En dehors de ce cadre, la prise en charge dépend des contrats et de l’origine du désordre.

Le rapport d’expertise documente les désordres, leur date d’apparition et leur cause probable. Il constitue une pièce utile pour l’assureur de l’immeuble comme pour celui du copropriétaire, et pour le syndic qui doit décider des investigations.

Distinguer

Distinguer une fissure liée au sol d’une fissure banale

Une très large part des fissures observées dans les appartements parisiens n’ont rien à voir avec les carrières. Elles proviennent du vieillissement des planchers, des rénovations, des fuites ou du retrait des enduits. Une fissure isolée dans un plafond, une fissure de liaison entre une cloison et un mur, une microfissure d’enduit ne signalent pas un mouvement du sol.

À l’inverse, plusieurs indices orientent vers une cause géotechnique : des fissures obliques sur plusieurs niveaux, concentrées sur une partie de l’immeuble ; des désordres visibles en façade et dans la cage d’escalier ; des fissures qui s’élargissent avec le temps ; des déformations du sol de la cour ou du trottoir. L’expert relève ces indices, les cartographie et les met en relation avec la situation de l’adresse.

Expert consultant un plan ancien des carrieres sur une table

Les plans anciens des carrières aident à situer une adresse, mais l’état des risques reste la référence.

Achat

Acheter au-dessus d’anciennes carrières

La présence d’anciennes carrières ne rend pas un immeuble invendable ni dangereux. Des milliers de logements parisiens se trouvent dans ces périmètres sans aucun désordre. L’acquéreur doit simplement intégrer cette information à son analyse : l’immeuble présente-t-il des signes de mouvement, la copropriété a-t-elle déjà fait réaliser des investigations ou des travaux, les procès verbaux d’assemblée générale évoquent-ils le sujet ?

Un bilan avant achat permet de croiser l’état des risques, les documents de copropriété et l’état réel du bâtiment. Si des fissures préoccupantes apparaissent, l’expert vous indique les investigations à demander avant de vous engager.

Diagnostic

Ce que fait l’expert face à une fissure suspecte

L’expert examine l’ensemble des fissures, dans le logement et, si possible, dans les parties communes. Il mesure leur ouverture, relève leur direction et leur répartition, contrôle les déformations au niveau laser et recherche les fuites ou infiltrations qui pourraient aggraver un phénomène souterrain. Il consulte l’état des risques et les informations publiques sur l’adresse.

Son rapport distingue les désordres banals de ceux qui justifient une investigation plus poussée. Le cas échéant, il recommande la pose de témoins, une étude géotechnique ou une saisine de l’Inspection générale des carrières par le syndic. Il ne remplace pas ces études, mais il permet de les engager à bon escient.

Démarches

Les démarches pratiques

Commencez par consulter l’état des risques de votre adresse sur Géorisques. Si l’immeuble se situe dans un périmètre d’anciennes carrières et que des fissures évoluent, informez le syndic par écrit et demandez que le sujet soit inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Photographiez et datez les fissures, et faites poser des témoins si l’évolution est incertaine.

Pour un diagnostic indépendant de votre logement et de l’immeuble, l’expertise fissures à Paris est la mission adaptée. Nos pages par arrondissement présentent le contexte de chaque secteur.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Comment savoir si mon immeuble est au-dessus d’une carrière ?

Consultez l’état des risques de l’adresse sur Géorisques ou dans le dossier de vente. L’Inspection générale des carrières de la Ville de Paris est le service compétent.

Les carrières sont elles dangereuses ?

Une grande partie a été consolidée. Les désordres restent rares mais doivent être pris au sérieux lorsque des signes de mouvement apparaissent.

Qui paie une étude de sol pour l’immeuble ?

Une étude portant sur l’immeuble relève en principe du syndicat des copropriétaires, après décision de l’assemblée générale.

Une fissure isolée dans mon plafond est elle liée aux carrières ?

Peu probable. Les fissures liées au sol touchent plusieurs niveaux et les parties communes. L’expert peut le vérifier.

Peut on acheter au-dessus d’anciennes carrières ?

Oui. Il faut vérifier l’état de l’immeuble et les éventuelles investigations ou consolidations déjà réalisées.

Les catacombes sont elles d’anciennes carrières ?

Oui, l’ossuaire occupe une partie des anciennes carrières de calcaire du sud de Paris.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières
  • Géorisques, cavités souterraines et état des risques
  • BRGM, cavités souterraines en Île-de-France


"Facade
Fissures

Fissures dans un immeuble haussmannien : comment les interpréter ?

Fissures

Fissures dans un immeuble haussmannien : comment les interpréter ?

Une fissure au plafond d’un appartement haussmannien, une autre le long d’un mur de refend, une troisième sur la façade : dans un immeuble parisien de la fin du XIXe siècle, chaque fissure raconte quelque chose de la structure. Voici comment les lire, et quand faire appel à un expert.

Plus de 65 experts certifiésAvis neutre et indépendantIntervention dans toute la France
L’essentiel

Dans un immeuble haussmannien, les fissures proviennent de trois grandes familles de causes : le comportement des planchers en bois ou en poutrelles métalliques, les modifications apportées aux murs et cloisons lors des rénovations, et plus rarement les mouvements du sol ou de la façade. Une fissure fine et stable dans un plafond en plâtre est en principe esthétique ; une fissure traversante, en escalier ou qui s’ouvre au fil des mois demande un diagnostic.

Ce guide ne remplace pas un examen sur place : seul un expert peut relier une fissure précise à sa cause.

Le bâti

Comment est construit un immeuble haussmannien

Les immeubles construits à Paris pendant le Second Empire et jusqu’au début du XXe siècle suivent un modèle bien identifié. La façade sur rue est en pierre de taille calcaire, porteuse, avec des balcons filants au deuxième et au cinquième étage. Les façades sur cour sont plus modestes, en moellons ou en pans de bois enduits de plâtre. À l’intérieur, des murs de refend en maçonnerie divisent l’immeuble et portent les planchers.

Les planchers sont constitués de solives en bois ou, à partir des années 1860, de poutrelles métalliques en fer puis en acier, avec un remplissage en plâtre et en matériaux légers. Les plafonds sont en plâtre sur lattis ou sur hourdis, décorés de corniches et de rosaces. Les cloisons entre pièces sont légères, en carreaux de plâtre ou en briques posées de chant. La toiture, en zinc et en ardoise, couvre les combles où se trouvaient les chambres de service.

Typologie

Les fissures que l’on rencontre le plus

Au plafond, les fissures fines et ramifiées dans le plâtre traduisent le retrait du matériau ou de légers mouvements du support. Les fissures rectilignes parallèles entre elles suivent les solives ou les poutrelles : elles signalent une flexion du plancher, un vieillissement des lattis ou une corrosion des poutrelles métalliques. Une fissure qui s’élargit sous une salle de bains doit faire penser à une fuite ancienne.

Sur les murs, les fissures verticales aux jonctions entre une cloison et un mur de refend sont des fissures de liaison, liées aux mouvements différentiels entre deux éléments qui ne travaillent pas de la même manière. Les fissures obliques au-dessus d’une porte indiquent un linteau qui fléchit ou un appui défaillant. En façade, les fissures autour des balcons, des appuis de fenêtres et des corniches méritent un examen attentif, car elles peuvent laisser entrer l’eau dans la pierre et les fers.

Planchers

Le rôle clé des planchers anciens

Les planchers sont la source la plus courante de désordres dans les appartements haussmanniens. Un plancher en bois chargé pendant plus d’un siècle prend de la flèche : le parquet ondule, les portes frottent, les plafonds de l’étage inférieur se fissurent. Ce phénomène n’est pas forcément grave, mais il doit être mesuré et suivi.

La situation devient préoccupante lorsque le plancher a été affaibli. Une solive humidifiée par une fuite ancienne peut pourrir à son appui dans le mur ; une poutrelle métallique exposée à l’eau rouille, gonfle et fait éclater le plâtre qui l’entoure. Les surcharges récentes jouent aussi : baignoire en fonte, îlot de cuisine en pierre, bibliothèque murale, chape lourde coulée sous un nouveau carrelage. L’expert mesure la déformation au niveau laser, recherche l’humidité et observe les indices de corrosion avant de conclure.

Expert mesurant une fissure sur un mur de refend dans un appartement ancien

Une fissure au plafond se lit en relation avec le plancher et la pièce située au-dessus.

Rénovations

Quand les travaux sont en cause

Un immeuble haussmannien a connu plusieurs vagues de travaux en un siècle et demi : réunions ou divisions d’appartements, création de salles d’eau dans d’anciennes chambres, ouverture de cuisines sur le séjour, suppression de cloisons. Certaines interventions ont touché des éléments porteurs sans étude, ce qui peut produire des fissures plusieurs années plus tard.

Les signes à rechercher sont précis : fissure au droit d’une ancienne cloison supprimée, déformation d’un plafond au-dessus d’une ouverture créée dans un mur de refend, désordres répétés à plusieurs étages sur la même verticale. L’expert compare l’état de l’appartement avec le plan d’origine lorsqu’il est disponible, et avec les appartements voisins. Les procès verbaux d’assemblée générale signalent parfois des travaux autorisés ou des désordres déjà constatés.

Façade

Fissures en façade et en cour

La pierre de taille de la façade sur rue résiste bien au temps, mais elle souffre aux points d’eau : appuis de fenêtres, corniches, balcons. La corrosion des fers d’ancrage et des consoles de balcons fait éclater la pierre et provoque des épaufrures. Ces désordres concernent les parties communes et sont traités lors des ravalements, obligatoires à Paris au moins une fois tous les dix ans.

Les façades sur cour, en moellons ou en pans de bois enduits, sont plus sensibles. Leurs enduits se fissurent, se décollent et laissent l’eau pénétrer. Une fissure verticale continue sur plusieurs étages d’une façade sur cour peut révéler un mouvement de la structure ou un défaut de liaison entre la façade et les murs de refend. Elle justifie un examen technique et, le cas échéant, l’avis d’un bureau d’études structure.

Sous sol

Le sol parisien, une cause plus rare mais à vérifier

Une partie de Paris repose sur d’anciennes carrières de calcaire, notamment sous des secteurs des 5e, 6e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements, ou sur d’anciennes exploitations de gypse au nord et à l’est. Le gypse peut aussi se dissoudre sous l’effet des circulations d’eau souterraine. Ces phénomènes, suivis par l’Inspection générale des carrières de la Ville de Paris, peuvent expliquer des tassements et des fissures affectant tout un immeuble.

Les fissures liées au sol ont une signature : elles touchent plusieurs niveaux, apparaissent en façade et dans les parties communes, s’accompagnent de déformations des baies et de portes qui coincent. Face à ce tableau, l’expert consulte l’état des risques de l’adresse et recommande, si nécessaire, une étude géotechnique ou une saisine du syndic pour des investigations à l’échelle de l’immeuble.

Plafond ancien avec moulures et fine fissure le long d une poutre

Les moulures anciennes révèlent les mouvements du plancher sur lequel elles sont fixées.

Diagnostic

Comment l’expert diagnostique une fissure

L’expert commence par l’historique : date d’apparition, évolution, travaux récents dans l’appartement, l’immeuble ou le voisinage, dégâts des eaux déclarés. Il mesure ensuite chaque fissure au fissuromètre, note sa longueur, sa direction, son caractère traversant et l’éventuel décalage de ses lèvres. Il contrôle la planéité des sols et des plafonds, l’aplomb des murs, le fonctionnement des portes et fenêtres.

Il mesure l’humidité des murs et des plafonds autour des fissures, en particulier sous les pièces d’eau. Si l’accès le permet, il observe la cage d’escalier, la cour, la façade et la cave. Lorsque l’évolution est incertaine, il recommande la pose de témoins pour suivre la fissure pendant plusieurs semaines. Son rapport classe chaque fissure selon sa gravité et indique les suites à donner.

Que faire

Qui doit agir et comment

Dans un immeuble en copropriété, les murs porteurs, les planchers, la façade et les fondations sont en principe des parties communes. Une fissure qui les affecte relève du syndicat des copropriétaires, même si elle n’est visible que dans votre appartement. Les cloisons légères et les revêtements sont privatifs. Le règlement de copropriété de l’immeuble fait foi.

En pratique, faites constater la fissure, photographiez la avec un repère de taille et datez la. Informez le syndic par écrit si un élément commun est concerné. Si la fissure est apparue après des travaux voisins, gardez la trace des dates. Avant d’acheter, un bilan avant achat permet d’évaluer les fissures et leur origine. Pour un diagnostic ciblé, l’expertise fissures à Paris est la mission adaptée.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Une fissure au plafond d’un haussmannien est elle grave ?

Une fissure fine et stable dans le plâtre est en principe esthétique. Une fissure qui s’élargit, s’accompagne d’une flèche visible ou se trouve sous une pièce d’eau justifie un examen.

Qui paie la réparation d’un plancher ancien ?

Le plancher est en principe une partie commune : sa réparation relève du syndicat des copropriétaires. Les revêtements de sol restent privatifs.

Peut on reboucher une fissure soi même ?

Une fissure esthétique peut être rebouchée. Avant tout, faites vérifier qu’elle est stabilisée, sinon elle réapparaîtra.

Les poutrelles métalliques rouillent elles ?

Oui, lorsqu’elles sont exposées à l’eau. La rouille fait gonfler l’acier et éclater le plâtre, d’où des fissures caractéristiques au plafond.

Combien coûte une expertise fissures à Paris ?

À partir de 590 € pour un appartement, frais de déplacement et de gestion compris. Le détail figure sur la page nos tarifs.

Les anciennes carrières concernent elles mon immeuble ?

L’état des risques de l’adresse l’indique. L’Inspection générale des carrières de la Ville de Paris est le service compétent.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières
  • Géorisques, informations sur les risques par adresse
  • Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, Légifrance
  • Code de la construction et de l’habitation, obligation de ravalement


Nos expertises
Expertise fissures Expertise humidité Bilan avant achat Vices cachés Assistance VEFA Assistance CCMI Réception de travaux Paris, par arrondissement Nos tarifs A propos Blog Contact Faire un devis automatique