Fissures

Dissolution du gypse dans le nord de Paris : comprendre le risque

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Dissolution du gypse dans le nord de Paris : comprendre le risque

Dans une partie du nord de Paris, une roche présente dans le sous sol, le gypse, peut se dissoudre au contact de l’eau. Ce phénomène discret explique certains affaissements et certaines fissures. Comment fonctionne-t-il, quels secteurs sont concernés et que faire si votre immeuble montre des signes de mouvement ?

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L’essentiel

Le gypse est une roche soluble : des circulations d’eau souterraine peuvent y créer progressivement des vides, qui provoquent des affaissements localisés en surface. Une partie du nord de Paris est concernée par ce risque, pris en compte par la Ville de Paris et son Inspection générale des carrières lors de l’instruction des permis de construire. Pour un occupant, les signes d’alerte sont des fissures évolutives sur plusieurs niveaux, des déformations des baies et des affaissements de sol dans la cour ou la cave.

La roche

Qu’est ce que le gypse ?

Le gypse est un sulfate de calcium hydraté. Chauffé puis broyé, il donne le plâtre, et Paris en a tiré pendant des siècles le célèbre plâtre de Paris. Les buttes du nord et de l’est de la capitale, Montmartre, Belleville, Ménilmontant, les Buttes Chaumont, ont été exploitées en carrières, à ciel ouvert puis en galeries.

Au-delà des anciennes exploitations, le gypse est présent en profondeur sous une partie du nord de Paris, dans des couches géologiques qui n’ont jamais été exploitées. C’est ce gypse en place, et non seulement les anciennes carrières, qui peut poser problème lorsqu’il est mis en contact avec de l’eau qui circule.

Le nom du quartier des Grandes Carrières, dans le 18e arrondissement, rappelle encore cette activité.

Le mécanisme

Comment le gypse se dissout

Le gypse est bien plus soluble que le calcaire. Lorsqu’une eau souterraine non saturée circule à son contact, elle en dissout une partie et l’emporte. Le phénomène est lent, mais il peut créer avec le temps des cavités dans la masse rocheuse. Les terrains situés au-dessus perdent alors leur appui et se tassent, ce qui peut se traduire en surface par un affaissement progressif ou, plus rarement, par un effondrement localisé.

Plusieurs facteurs favorisent cette dissolution : les variations du niveau des nappes, les pompages, les fuites de réseaux d’eau ou d’assainissement qui injectent de l’eau en profondeur, et les travaux souterrains qui modifient les écoulements. C’est pourquoi la surveillance des réseaux et la maîtrise des eaux sont des enjeux importants dans les secteurs concernés.

Secteurs

Quels secteurs de Paris sont concernés ?

Le risque lié à la dissolution du gypse concerne une partie du nord de Paris. Des secteurs des 8e, 9e, 10e, 17e, 18e et 19e arrondissements se situent dans les zones où le gypse est présent en profondeur. Les services de la Ville de Paris en tiennent compte lors de l’instruction des permis de construire, et peuvent demander des investigations ou des dispositions constructives particulières.

Comme pour les anciennes carrières, les contours sont précis et se consultent à l’adresse. L’état des risques, annexé à toute vente ou location, indique si un bien se situe dans un secteur concerné. Il ne dit pas si l’immeuble est atteint : il signale une exposition, que l’examen du bâtiment permet de qualifier.

Bloc de gypse et echantillons de roche poses sur une table de bureau d etudes

Dans les rues du nord de Paris, le relief témoigne d’un sous sol où le gypse est présent.

Signes

Les signes d’alerte dans un immeuble

Un affaissement lié au gypse affecte le bâtiment dans son ensemble. Les fissures apparaissent en escalier dans les maçonneries, sur plusieurs niveaux, en façade et dans la cage d’escalier. Les baies se déforment : fenêtres et portes qui coincent, linteaux fissurés, menuiseries qui se décalent. Le sol de la cour ou de la cave peut présenter des affaissements, et les canalisations enterrées peuvent se rompre.

Ces signes se distinguent des désordres courants des immeubles anciens par leur extension et leur évolution. Une fissure isolée au plafond d’un appartement n’est pas un indice de dissolution du gypse. Une série de fissures obliques qui s’ouvrent au fil des mois sur une même partie de l’immeuble en est un.

Rôle de l’eau

Pourquoi les fuites comptent autant

Dans un secteur gypseux, l’eau est le facteur déclenchant. Une canalisation enterrée qui fuit pendant des années, un collecteur d’eaux pluviales fissuré, un regard non étanche peuvent injecter de l’eau dans le sol et accélérer la dissolution. La surveillance des réseaux de l’immeuble prend donc une importance particulière.

Lors d’une expertise, la recherche de fuites et d’infiltrations fait partie des points examinés : traces d’humidité en cave, affaissements autour des regards, consommations d’eau anormales signalées par le syndic. Corriger une fuite est une mesure simple qui peut limiter l’aggravation d’un phénomène beaucoup plus coûteux à traiter.

Diagnostic

Comment l’expert procède

L’expert relève et cartographie les fissures de l’appartement et des parties communes accessibles, mesure leur ouverture, contrôle les déformations au niveau laser et observe les baies et les menuiseries. Il examine la cave et la cour lorsque l’accès est possible, à la recherche d’affaissements, de traces d’eau ou de canalisations endommagées. Il consulte l’état des risques de l’adresse.

Si ses constats évoquent un mouvement d’ensemble, il recommande la pose de témoins pour mesurer l’évolution, la recherche de fuites sur les réseaux enterrés et une étude géotechnique à l’échelle de l’immeuble. Ces investigations relèvent du syndicat des copropriétaires. Le rapport d’expertise sert à motiver leur inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale.

Porte interieure deformee qui frotte sur un parquet ancien

Une porte qui se met à frotter peut signaler une déformation du plancher ou de la baie.

Construire

Travaux et constructions en secteur gypseux

Dans les secteurs concernés, les projets de construction, de surélévation ou de travaux touchant aux fondations font l’objet d’une attention particulière lors de l’instruction des autorisations d’urbanisme. Des études de sol, des injections de comblement ou des fondations adaptées peuvent être exigées. Pour une copropriété, un projet de surélévation ou de création de niveaux en sous sol doit intégrer ce contexte dès sa conception.

Pour des travaux intérieurs courants, rénovation d’appartement, salle de bains, cuisine, le risque n’impose pas de démarche spécifique. En revanche, toute intervention sur les réseaux enterrés, les caves ou les fondations mérite d’être confiée à des entreprises informées du contexte, avec une attention particulière à l’étanchéité des canalisations.

Copropriété

Une question de copropriété

Les fondations, les murs porteurs et les réseaux communs relèvent du syndicat des copropriétaires. Face à un risque lié au sol, les décisions se prennent en assemblée générale : études, surveillance, travaux de confortement. Un copropriétaire qui constate des désordres doit en informer le syndic par écrit, en joignant photos et constats datés.

Le conseil syndical peut proposer la mise en place d’un suivi des fissures par témoins, qui fournit des données objectives. Si des travaux de confortement sont nécessaires, ils seront conçus par un bureau d’études spécialisé et, dans les secteurs concernés, en lien avec les services compétents de la Ville de Paris.

Achat

Acheter dans un secteur gypseux

Un logement situé dans un secteur concerné par la dissolution du gypse n’est pas pour autant à éviter. L’acquéreur doit vérifier l’état de l’immeuble, la présence ou non de désordres évolutifs, les investigations ou travaux déjà réalisés et les décisions d’assemblée générale sur le sujet. Les procès verbaux des trois dernières années sont une source précieuse.

Le bilan avant achat permet de croiser ces informations avec l’examen du bâtiment. Pour un diagnostic ciblé sur des fissures existantes, l’expertise fissures à Paris est la mission adaptée.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le gypse est il dangereux ?

Le gypse en place n’est pas dangereux en soi. C’est sa dissolution par des circulations d’eau qui peut créer des vides et provoquer des affaissements.

Mon immeuble est il dans une zone de gypse ?

L’état des risques de l’adresse le précise. Les services de la Ville de Paris, dont l’Inspection générale des carrières, sont compétents.

Une fuite peut elle aggraver le phénomène ?

Oui. Une fuite enterrée apporte de l’eau en profondeur et peut accélérer la dissolution. La recherche de fuites est une mesure prioritaire.

Qui paie les études de sol ?

Pour l’immeuble, le syndicat des copropriétaires, après décision de l’assemblée générale.

Les affaissements sont ils courants ?

Ils restent rares, mais leurs conséquences sont importantes, ce qui justifie la vigilance dans les secteurs concernés.

Que faire si des fissures évoluent ?

Informez le syndic par écrit, faites poser des témoins et demandez une expertise pour orienter les investigations.

Le gypse concerne t il tout le nord de Paris ?

Non, seulement certains secteurs, dont le contour se consulte à l’adresse dans l’état des risques.

Besoin d’un avis d’expert ?

Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Ville de Paris, Inspection générale des carrières
  • Géorisques, état des risques par adresse
  • BRGM, dissolution du gypse en Île-de-France


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