Vice caché affectant les parties communes : qui mettre en cause ?
Vous venez d’acheter un appartement dans un immeuble parisien, et un défaut grave apparaît dans les parties communes : façade qui se dégrade, toiture qui fuit, colonne d’eau hors d’usage, plancher commun affaibli. Qui doit payer, le vendeur, la copropriété, ou vous ? Voici comment s’articulent garantie des vices cachés et règles de la copropriété.
Vices cachés
Un défaut affectant les parties communes relève d’abord du syndicat des copropriétaires, qui doit réaliser les travaux et les financer par les appels de fonds. L’acquéreur, devenu copropriétaire, participe à ces appels. Si le vendeur connaissait le défaut ou des travaux imminents et les a dissimulés, l’acquéreur peut rechercher sa responsabilité, au titre des vices cachés ou du dol, pour obtenir réparation de sa quote-part et de son préjudice. Les procès verbaux d’assemblée générale et les échanges avec le syndic sont des pièces clés.
Ce qui relève de la copropriété
Dans un immeuble en copropriété, les parties communes appartiennent indivisément à tous les copropriétaires : gros œuvre, façades, toiture, planchers en principe, escaliers, canalisations communes, cour, caves communes. Le syndicat des copropriétaires est chargé de leur conservation et de leur entretien. Il est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers par le vice de construction ou le défaut d’entretien des parties communes.
Lorsqu’un défaut des parties communes apparaît, la copropriété doit réaliser les travaux, décidés en assemblée générale, et financés par les copropriétaires selon les tantièmes.
La position de l’acquéreur
L’acquéreur devient copropriétaire à la signature de l’acte authentique. Il participe aux appels de fonds pour les travaux votés après la vente, et à ceux dont l’exigibilité tombe après la vente, sauf convention contraire avec le vendeur. Il subit aussi, dans son logement, les conséquences du défaut : infiltrations, fissures, humidité.
Sa première démarche consiste à saisir le syndic pour que le défaut soit traité. La seconde, si le vendeur connaissait la situation, consiste à rechercher sa responsabilité.
Il peut aussi demander au syndic communication des pièces relatives au désordre, en tant que nouveau copropriétaire.
La responsabilité du vendeur
Le vendeur ne répond pas de l’état des parties communes en tant que tel. Mais s’il connaissait un défaut grave ou des travaux importants à venir et qu’il les a tus, alors qu’ils étaient déterminants pour l’acquéreur, sa responsabilité peut être engagée. Les procès verbaux d’assemblée générale, les courriers du syndic, les sinistres déclarés révèlent ce qu’il savait.
La garantie des vices cachés peut être invoquée lorsque le défaut, caché et antérieur, affecte l’usage du lot. Le dol peut l’être en cas de dissimulation volontaire d’une information déterminante.

Le hall et la cage d’escalier renseignent sur l’entretien des parties communes.
Le poids des documents remis
Le vendeur doit remettre les procès verbaux des assemblées générales des trois dernières années. Si un désordre y était mentionné, l’acquéreur est réputé en avoir été informé, et le vice n’est plus caché. Si le désordre était connu du vendeur mais absent de ces documents, ou si des documents ont été omis, la situation est différente.
Relisez les documents remis lors de la vente avec ce regard. Un expert peut vous aider à repérer les mentions techniques.
Exemples de situations
Une infiltration par la toiture, signalée au syndic par le vendeur un an avant la vente, mais non évoquée en assemblée générale et non mentionnée à l’acquéreur. Une colonne d’évacuation fuyarde, ayant causé plusieurs dégâts des eaux chez le vendeur. Des fissures en façade sur cour, faisant l’objet d’un suivi par témoins décidé par le conseil syndical. Un ravalement imposé par une injonction de la Ville reçue avant la vente.
Dans chacun de ces cas, la connaissance du vendeur et l’information de l’acquéreur sont au cœur de l’analyse.
Saisir le syndic
Informez le syndic par lettre recommandée, avec photos et description. Demandez les documents relatifs au désordre : courriers, sinistres, devis, rapports. Demandez l’inscription du sujet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. En cas d’urgence, le syndic peut faire réaliser des travaux conservatoires.

Une façade sur cour dégradée annonce des travaux de copropriété.
Le rôle du conseil syndical
Le conseil syndical assiste et contrôle le syndic. Il peut prendre connaissance de tous les documents relatifs à la gestion de la copropriété. Un nouveau copropriétaire peut s’adresser à lui pour comprendre l’historique d’un désordre et les décisions prises. Ses membres connaissent bien l’immeuble et ses difficultés.
S’impliquer dans le conseil syndical permet aussi de suivre le traitement du désordre et la conduite des travaux.
Quand la sécurité est en jeu
Certains défauts des parties communes présentent un danger : balcon dont les fers sont corrodés, plancher commun affaibli, corniche qui se détache, escalier dégradé. Le syndic doit prendre des mesures conservatoires sans attendre l’assemblée générale. En cas d’inaction et de péril, la Ville de Paris peut intervenir dans le cadre de ses pouvoirs de police.
Signalez immédiatement tout danger au syndic par écrit, et, si nécessaire, aux services compétents.
Et à la revente ?
Si vous revendez avant que les travaux ne soient réalisés, vous devrez à votre tour informer l’acquéreur du désordre et des décisions prises. Les procès verbaux qui mentionnent le sujet seront remis. Un désordre connu et documenté pèse sur le prix, mais il protège le vendeur contre un recours ultérieur.
L’expertise technique
L’expert examine le désordre dans votre logement et dans les parties communes accessibles, en établit la cause, la gravité et l’ancienneté. Il consulte les documents de copropriété et relève les indices montrant que le désordre était connu avant la vente. Son rapport sert à la fois vis-à-vis du syndic, pour obtenir les travaux, et vis-à-vis du vendeur, pour un éventuel recours.
L’expertise amiable contradictoire
Si un recours contre le vendeur est envisagé, l’expertise amiable contradictoire réunit le vendeur, son assureur, éventuellement l’agent immobilier et le syndic. Les constats sont partagés et discutés. Le rapport contradictoire facilite une négociation : prise en charge de tout ou partie de la quote-part de travaux, indemnisation du préjudice.
Évaluer le préjudice
Le préjudice de l’acquéreur comprend sa quote-part des travaux sur les parties communes, les dommages dans son logement, la perte de jouissance éventuelle. Les devis votés en assemblée générale et la répartition par tantièmes permettent de chiffrer la quote-part. Les dommages privatifs sont évalués séparément.
Les délais
Pour les vices cachés, deux ans à compter de la découverte. Pour le dol, le délai de droit commun. Pour l’action contre le syndicat des copropriétaires, des délais spécifiques s’appliquent. Votre avocat vous indique les échéances.
Les assurances
L’assurance de l’immeuble, souscrite par le syndicat, couvre certains dommages. Votre assurance habitation couvre les dommages dans votre logement selon votre contrat. La convention entre assureurs organise la gestion des dégâts des eaux. Déclarez les sinistres rapidement.
Prévenir avant l’achat
Lire les procès verbaux, le carnet d’entretien et le plan pluriannuel de travaux, examiner les parties communes et poser des questions écrites au vendeur et au syndic : ces précautions réduisent fortement le risque. Le bilan avant achat les intègre.
L’expertise vices cachés
L’expertise vices cachés établit les faits techniques et réunit les parties. Pour un désordre de structure, l’expertise fissures analyse la situation de l’immeuble.
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Questions fréquentes
Qui paie un défaut des parties communes ?
Le syndicat des copropriétaires, financé par les copropriétaires selon les tantièmes.
Puis je me retourner contre le vendeur ?
Si le vendeur connaissait le défaut ou des travaux à venir et l’a dissimulé, sa responsabilité peut être recherchée.
Les travaux votés avant la vente sont ils pour le vendeur ?
Les appels exigibles avant la vente sont en principe pour lui, sauf convention contraire.
Un désordre mentionné dans les PV est il un vice caché ?
Non, l’acquéreur est réputé en avoir été informé.
Que demander au syndic ?
Les documents relatifs au désordre et l’inscription du sujet à l’ordre du jour.
Combien coûte l’expertise ?
Phase 1 : 990 € TTC, phase 2 : 990 € TTC, hors déplacement et frais de gestion.
L’agent immobilier peut il être concerné ?
S’il connaissait la situation et ne l’a pas signalée, sa responsabilité peut être recherchée.
La Ville de Paris peut elle intervenir ?
En cas de péril lié aux parties communes et d’inaction, la Ville peut intervenir dans le cadre de ses pouvoirs de police.
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Sources
- Loi n° 65 557 du 10 juillet 1965, articles 3, 14 et 14 1, Légifrance
- Code civil, articles 1137 et 1641, Légifrance
- Code de la construction et de l’habitation, article L721 2, Légifrance




